Rabat est la capitale du Maroc depuis 1912 . Elle est situ?e sur le littoral Atlantique du pays, sur la rive gauche de l'embouchure du Bou Regreg, en face de la ville de Sal?. Elle compte 717 000 habitants (2001), un peu moins de 2 millions pour l'agglom?ration (soit 7,6% de la population marocaine totale). Des peuplements sont attest?s sur le site de Rabat depuis l'Antiquit?. La ville ? proprement parler est fond?e en 1150 par le sultan almohade 'Abd al-Mumin, qui fait ?difier une citadelle (future Kasbah des Ouda?a), une mosqu?e et une r?sidence. C'est alors ce qu'on appelle un ribat, une forteresse. Le nom actuel vient de Ribat Al Fath, ? le camp de la victoire ?. C'est le petit-fils d'al-Mumin, Ya'qub al-Mansur, qui agrandit et compl?te la ville, lui donnant notamment des murailles. Par la suite, la ville sert de base aux exp?ditions almohades en Andalousie. Elle entre dans une p?riode de d?clin apr?s 1253, quand les Almoravides choisissent F?s comme capitale. En 1609, suite au d?cret d'expulsion de Philippe II, des milliers de Morisques trouvent refuge dans la ville. Une p?riode de croissance commence pour la ville, sous la dynastie des Alaouides. En 1912, Lyautey fait de Rabat la capitale du protectorat du Maroc et le si?ge du r?sident g?n?ral. En 1956, lors de l'ind?pendance du Maroc, la ville reste capitale.
Historique
L'histoire urbaine de Rabat, de son site, de ses monuments, est l'histoire diachronique d'un lieu singulier porteur d'une passion partag?e. En effet, pr?s de huit si?cles s?parent l'?dification, sur la rive gauche du Bou Regreg, du noyau initial de la ville, le Ribat d'Abd el Moumen, de celle de la R?sidence G?n?rale du Protectorat fran?ais dans la nouvelle Capitale du Maroc. De ces ?poques, le m?me site allait porter et pr?server de mani?re forte et durable, jusqu'? nos jours, d'une part, les t?moignages d'une cit? grandiose, rest?e inachev?e et, d'autre part, ceux de principes pionniers en mati?re d'art urbain au d?but du si?cle. Sur l'oc?an Atlantique, ? l'embouchure du Bou Regreg, une haute falaise s'?l?ve ? pic, ? plus de trente m?tres au-dessus du niveau de la mer et surplombe le fleuve dont elle commande l'entr?e. C'est sur cette position de d?fense naturelle que Abd el Moumen, fondateur de la dynastie almohade, fait ?difier, en 1152, un ribat ou une forteresse, lieu de rassemblement des combattants de la foi, point d'?tape dans l'?pop?e almohade pour la conqu?te de l'Andalousie. Cette construction, qui s'identifie en grande partie avec l'actuelle Qasba des Ouda?a, fut appel?e Ribat al Fath, le Camp de la Victoire, en t?moignage des succ?s remport?s dans la guerre sainte contre les Chr?tiens d'Espagne. ? partir du Ribat d'Abd el Moumen, son petit-fils, Yacoub el Mansour, h?ritier d'un empire allant de la Castille ? Tripoli, allait projeter une cit? grandiose, couvrant plus de quatre cents hectares, enceinte de murailles imposantes perc?es de portes monumentales et dot?e d'une mosqu?e gigantesque, Hassan, rest?e inachev?e, mais qui e?t ?t? l'un des plus grands sanctuaires du monde musulman. Ainsi, bien que Ribat al Fath ne re?ut jamais la population que son enceinte e?t pu abriter, les grandes orientations de la ville ?taient trac?es. Les remparts et les portes monumentales de l'?poque t?moignent aujourd'hui encore de l'ampleur de la ville almohade. Tout comme en t?moignent le minaret et les vestiges de la Mosqu?e de Hassan, sur un site dont le caract?re sacr? a ?t? accentu? et revaloris? par l'?dification du Mausol?e Mohammed V, symbole de pi?t? filiale, qui, de par sa d?coration exceptionnelle, �uvre d'art collective, est un hommage au Souverain qui y repose et un t?moignage de la renaissance de l'artisanat traditionnel. De la fin du r?gne almohade, vers la fin du Xlll ?me si?cle, jusqu'au d?but du XVIl ?me si?cle, l'importance de Rabat diminue consid?rablement. De cette p?riode date la n?cropole du Chella, ?difi?e ? l'ext?rieur des remparts, de m?me que Jama' el Kb?r et Hamm?m ej-Jd?d. La localisation de ces ?quipements publics permet d'affirmer que la vie citadine n'?tait pas concentr?e uniquement aux abords imm?diats de la Qasba et que plusieurs quartiers de la m?dina actuelle ?taient habit?s. A partir de 1610 Rabat re?ut une forte population de r?fugi?s musulmans chass?s d'el-Andalous qui s'?tablirent dans la Qasba et ? l'int?rieur de l'enceinte almohade, dans la partie nord-ouest, qu'ils d?limit?rent et prot?g?rent par une nouvelle enceinte, la muraille andalouse. Pendant quelques dizaines d'ann?es, Rabat, alors connue de l'Europe 1sous le nom de Sal?-le-Neuf, fut le si?ge d'une petite r?publique maritime, la R?publique du Bou Regreg, jusqu'? l'av?nement des Alaouites qui s'empar?rent de l'estuaire en 1666. Sa principale activit? ?tait, alors, la course en mer contre les Chr?tiens qui lui procurait la totalit? de ses ressources et Sal?-le-Neuf devint le premier port du Maroc.
Portes et enceintes
Prot?geant les faces sud et ouest de la ville, une enceinte importante fut construite par les Almohades ? la fin du Xll ?me si?cle. Elle est compos?e de deux longues murailles rectilignes, se coupant ? angle aigu, d'une longueur totale de plus de cinq kilom?tres, d'une ?paisseur de plus de deux m?tres et d'une hauteur moyenne d'environ huit m?tres. Ainsi fut enferm?e une superficie de pr?s de quatre cent vint hectares, englobant le plateau sup?rieur qui domine aujourd'hui le Chella, pour assurer, en cas d'attaque, la s?curit? des parties basses de la ville. Le rempart ouest ?tait perc? de quatre portes, ? intervalles assez r?guliers- B?b el Alou, B?b el Had, B?b er-Rouah, la quatri?me ?tant incluse dans l'actuel Palais Royal. Le rempart sud n'en comportait qu'une seule: B?b Za?r. Comme la plupart des murailles ?difi?es par les almohades, cette enceinte construite en b?ton d'une grande solidit?, riche en chaux grasse, a admirablement r?sist?. R?guli?rement flanqu?e de tours carr?es, sa courtine est couronn?e d'un chemin de ronde, bord? ? l'ext?rieur d'un parapet aux merlons coiff?s de pyramidions. B?b er-Rouah, chef-d'�uvre d'esth?tique monumentale en pierre, d?ploie, tout comme la porte de la Qasba, un d?cor d'entrelacs autour de l'ouverture en forme d'arc outrepass? inscrit dans un encadrement rectangulaire. Comme ? B?b Agnaou ? Marrakech, de grands arcs reprennent, en l'?largissant, le mouvement de l'arc m?me de la porte, l'entourant d'une aur?ole sinueuse aux pointes aigu?s, surmont?e d'une large frise ? inscription coufique. Au d?but du XVIl ?me si?cle, les r?fugi?s musulmans chass?s d'Andalousie S'installent dans la Qasba et dans une partie, d'une centaine d'hectares, ? l'int?rieur de l'enceinte almohade, qu'ils d?limitent par l'?dification d'une nouvelle muraille. Partant ? proximit? de B?b el Had, cette derni?re relie la courtine du Xll ?me si?cle ? la falaise dominant le Bou Regreg, au Borj Sidi Makhlouf. Rectiligne et flanqu?e de tours barlongues, la muraille andalouse qui s'?tendait sur plus de mille quatre cents m?tres, ?tait haute en moyenne de cinq m?tres et large de plus d'un m?tre et demi. Elle ?tait perc?e de trois portes: B?b et-Then (qui a ?t? abattue, elle ?tait situ?e pr?s de l'actuel march? municipal ), B?b el Bouoiiiba et B?b Chella. Par, ailleurs, au d?but du XIX ?me si?cle, un nouveau rempart ext?rieur, d'une longueur totale de quatre mille trois cents m?tres fut ?difi?. Il prolongeait au sud l'enceinte almohade et la doublait ? l'ouest jusqu'? l'oc?an Atlantique, enfermant ainsi une superficie totale de plus de huit cent quarante hectares. Cette derni?re fortification avait une hauteur moyenne de quatre m?tres et une ?paisseur l?g?rement inf?rieure ? un m?tre. Quatre portes au total y ?taient perc?es: B?b el Qebib?t, B?b T?mara, B?b Marrakech et B?b el Msalla. Ce rempart alaouite a ?t? d?truit en grande partie pour faciliter l'am?nagement de la ville europ?enne durant le Protectorat. ? partir des principales portes de la M?dina, partaient les routes reliant, notamment, Rabat ? Casablanca et Marrakech. Aux abords de l'enceinte almohade se tenaient des march?s hebdomadaires, tel celui de Souq el Had, ? proximit? de la porte du m?me nom. Par ailleurs, entre l'enceinte Alaouite et la muraille Almohade ?taient situ?s, au sud, l'Aguedal, reli? au Palais Royal et, au nord, des jardins d'orangers dont les fruits, tr?s pris?s pour leur qualit?, ?taient export?s en Europe comme en attestent de nombreux documents d'archives
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