C'est au plus tard aujourd'hui ou demain que la commission chargée des candidatures au sein de l'USFP tranchera au sujet des têtes de listes dans la région du Grand Casablanca. C'est en tout cas ce que nous ont confié des responsables du parti de la rose dans la capitale économique. Il fallait donc bien contenir les ardeurs des prétendants et c'est le bureau politique lui-même qui entre en ligne pour débloquer la situation.
Car, selon plusieurs sources, la tâche n'a pas été aisée au niveau de la majorité des sections d'autant plus que les jeunes du parti ont fortement fait valoir leur droit de mener certaines listes. Il faut donc s'attendre à ce que la tension monte d'un cran dans certains arrondissements comme Sidi Belyout, Ain Choq, Maârif, Moulay Rachid et même Anfa.
Seul aujourd'hui Mohamed Mouhib ne souffre d'aucune contestation dans l'arrondissement de Mers Sultan. Toutefois, si plusieurs sons de cloche au sein du parti crient à la débandade et ne cachent plus leur crainte de voir le scénario de 2003 se répéter, d'autres estiment qu'au contraire c'est un signe de bonne santé. Ils pensent qu'il est tout à fait normal qu'il y ait ce genre de compétition à connotation démocratique. Une dynamique censée supplanter naturellement le recours à des méthodes de parachutage de candidats ou encore la cooptation par la force des choses des notables. En tout état de cause, l'Ittihad a besoin aujourd'hui plus que jamais d'aplanir les rugosités électoralistes à quelques semaines des communales du 12 juin prochain. Quant aux autres partis, surtout les plus en vue, c'est mi-figue mi-raisin.
Le Mouvement populaire tente, tant bien que mal, de faire la part des choses parmi ses trois composantes. Sa commission des candidatures doit tenir compte des spécificités de chaque région selon une formule de consensus qui évite les clashs entre les prétendants des trois formations. Jusqu'à présent, le parti est arrivé à une couverture de 70% que ses responsables qualifient de qualitative.
Il ambitionne de décrocher un taux de représentativité de 20% à l'issue du scrutin du 12 juin. A l'Istiqlal, c'est l'expectative. Presque rien n'a été tranché, valeur d'aujourd'hui. Mais le parti d'Abbas El Fassi reste une vraie machine électorale et ce ne sont pas les candidats valables qui lui manquent ni encore sa fameuse cohésion pour le meilleur et pour le pire. Quant au Parti authenticité et modernité, sa démarche régionale lui a permis jusqu'ici de prendre le pouls de l'effervescence préélectorale. Son secrétaire général Cheikh Mohamed Biadillah a tout récemment parlé de l'élaboration de programmes régionaux tenant compte des spécificités et atouts de chaque région. Apparemment, le PAM n'a pas de problème de candidat eu égard aux arguments qu'il fait valoir.
Mais il n'est pas moins critiqué par plusieurs formations politiques qui reprochent au « tracteur » de vouloir rafler la mise en séduisant les candidats valables sous différentes bannières partisanes. Pour ce qui est d'une formation comme le Parti travailliste, la dynamique est là et les idées ne manquent pas malgré la forte concurrence à laquelle il faut s'attendre. A sa dernière session ordinaire du CN avant les élections, tenue à Bouznika, le parti d'Abdelkrim Benatiq a apporté les dernières retouches à ses candidatures. Il peut s'enorgueillir de compter 10.000 candidats, un chiffre important pour un si jeune parti. Il faut dire que Benatiq a résisté aux différentes sirènes du PAM préférant garder son identité et aller à la bataille électorale avec ses propres armes. Contrairement à d'autres formations, disposant de plus d'expérience, il aura bien fait de faire cavalier seul évitant ainsi de tout recommencer à zéro.
Par Mostafa Bentak | LE MATIN