L'Union pour la Méditerranée (UPM) a pour vocation primordiale de renforcer la coopération entre les pays du Nord et du Sud de cet espace et ne relève guère d'un processus d'intégration politique, a indiqué M. Henri Guaino, conseiller spécial du président français, M. Nicolas Sarkozy.
"La philosophie de l'UPM est très simple. Il s'agit d'un projet et d'une structure qui ambitionne de réunir tous les pays du pourtour méditerranéen autour d'une vision à géométrie variable", a souligné M. Guaino, qui était l'invité d'une émission spéciale sur l'UPM de la chaîne de télévision "Médi 1 Sat", diffusée mercredi à partir de Tanger.
M. Guaino a été chargé par le président français de superviser et de piloter les préparatifs du sommet de l'UPM, dont l'ouverture est prévue, dimanche prochain à Paris, en présence de plus d'une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement des pays méditerranéens.
M. Guaino, qui a qualifié de "révolution politique" l'UPM, a précisé que cette Union relève désormais d'une "co-propriété" entre les pays du Nord et du Sud de la Méditerranée et non d'une "propriété" des pays européens riverains comme ce fut le cas dans le processus de Barcelone.
Dans ce sens, il a relevé que l'objectif de l'UPM est d'éviter les obstacles et palier les difficultés qui ont été à l'origine de l'échec du processus de Barcelone, ajoutant que la France souhaitait que ce dernier soit profondément réformé et quasiment refondé, en se basant sur le principe d'une responsabilité partagée entre les pays du Nord et du Sud de la Méditerranée.
"L'échec du processus de Barcelone est dû au déséquilibre profond entre le Nord et le Sud de la Méditerranée", a fait savoir le conseiller spécial du président français, appelant à un traitement des pays du Nord de ce pourtour sur le même pied d'égalité que ceux du Nord.
Il s'agit de réunir tous les pays méditerranéens autour d'une Union qui favorisera la mise sur pied de projets communs, la coopération économique, la concertation, la promotion d'entreprises et l'encouragement et la mise en œuvre de projets aussi bien publics que de la société civile.
Evoquant le volet financier dans le cadre de l'UPM, M. Guaino a noté que tous les projets fiables, prometteurs et susceptibles de contribuer au développement de la région, qu'ils émanent des Etats ou de sociétés civiles des pays méditerranéens, seront étudiés avant d'être "labellisés" et par conséquent financés par l'Union, voire par d'autres bailleurs de fonds.
L'UPM est un groupement qui, malgré le nombre important des pays qui le forment (44) ne nécessite pas forcément un consensus, a signalé M. Guaino, précisant que si certains d'entre eux optent de manière bilatérale et élaborent une politique commune pour réaliser un projet bénéfique et fructueux, celui-ci sera épaulé et soutenu par le reste des Etats de l'Union.
Dans ce sens, il a cité plusieurs projets communs de nature à être concrétisés dans cet espace, entre autres, la promotion des entreprises, les autoroutes maritimes, la dépollution de la Méditerranée, l'agriculture, la gestion de l'immigration, la coopération bancaire et la mise en place d'espaces scientifiques.
source:map.ma