Les travaux de la 2è assemblée générale de l'Union africaine de la mutualité (UAM) se sont ouverts, mercredi à Rabat, avec la participation des représentants des structures mutualistes de plus de 30 pays africains, européens et latino-américains.
Cette conférence de deux jours, organisée sous le signe "Tous unis pour une Afrique plus mutualiste" par la Mutuelle générale du personnel des administrations publiques (MGPAP), sera sanctionnée par la validation du plan d'action et du règlement intérieur par l'Assemblée générale de l'UAM.
S'exprimant lors de l'ouverture de cette assemblée, la ministre de la Fonction publique et du Travail du Niger, Mme Kanda Siptey a affirmé que la création, le 28 novembre 2007 à Dakar de l'UAM, est la concrétisation de cette dynamique continentale visant à vaincre la pauvreté et la misère à travers un système bien pensé d'assurance maladie.
Par l'échange d'expériences et de rapports de partenariat qu'elle permet d'établir, l'UAM est un cadre dont le dynamisme permettra très rapidement de sécuriser les populations dans le domaine de la protection sociale, a-t-elle assuré.
Mme Siptey a émis le vœu de voir cette structure rapidement s'enraciner au niveau continental afin que des partenariats efficaces se mettent en place pour une action efficiente et durable contre la pauvreté et la misère pour le plus grand bien des populations africaines.
De son côté, le président de l'Association internationale de la mutualité (AIM), M. Willi Budde a soutenu que la mutualité qui est capable de mobiliser les gens, veut et peut jouer un rôle important.
Sans protection sociale, environ 40 pc de la population de l'Union européenne vivrait en-dessous du seuil de pauvreté, précisant que grâce aux transferts sociaux, ce pourcentage est réduit jusqu'à 17 pc en moyenne, a-t-il rappelé.
L'ambition de l'AIM, a-t-il dit, est de servir de plate-forme internationale, apportant à ses membres une plus-value utile dans la conduite de leurs politiques nationales et régionales.
Le délégué général de l'Institut de la protection sociale européenne (IPSE), M. Dominique Boucher a, pour sa part, affirmé que la mutualité représente une opportunité pour l'accès aux soins de qualité.
L'amélioration de la qualité des soins et de leur financement raisonnable peut être le résultat de la force représentative d'une mutualité en mesure de négocier avec les prestataires de la santé la valeur de ce qui est convenu d'appeler "panier de biens et de services", a-t-il indiqué, soulignant que la mise en place de systèmes de sécurité sociale dans les pays en développement participe au rééquilibrage des conditions de vie entre le Nord et le Sud.
Il a soutenu qu'une certaine convergence des coûts salariaux, induite par le développement des systèmes sociaux au sud, permet une croissance plus équilibrée entre les pays développés et les pays en développement.
De son côté, le secrétaire général de la Mutualité française, M.Jean Philippe Huchet a affirmé que dans chaque pays d'Afrique comme sur les autres continents, il est impératif de fédérer les énergies de tous ceux qui font vivre les structures mutualistes ou de micro-assurance.
Il a mis l'accent sur le poids économique que représentent les systèmes solidaires (mutuelles, micro assurance ) au plan international, précisant que l'organisation solidaire présente l'avantage d'être plus durable, quant à son apport social, car non soumise à la mobilité, à la volatilité des capitaux et au risque financier lié à la spéculation.
Il a, toutefois, souligné qu'il ne faut regrouper que des structures qui respectent scrupuleusement les valeurs et les principes de fonctionnement qui sont les fondements des mutuelles, notant que la solidarité, la démocratie et la non lucrativité doivent être des réalités.
Chaque fois que possible, a estimé M. Huchet, les mutuelles doivent travailler ensemble notamment en réseau, en union ou autres, pour mettre en commun des moyens leur permettant d'atteindre la qualité que les mutualistes sont en droit d'atteindre.
Les travaux de cette conférence s'articulent autour de thèmes portant notamment sur "le rôle de l'Union africaine de la mutualité", "la mutualité en Afrique subsaharienne", "l'appui à la couverture médicale de base au Maroc", "la solidarité dans la mutualité", "le rôle des mutuelles dans le développement économique et social - cas du Maroc" et "l'assistance de santé primaire".
Prennent également part à cette conférence les représentants de la Banque mondiale (BM), de la Banque africaine de développement (BAD), de l'OMS, de la GTZ, de l'Institut de la coopération internationale (ICOSI) et de l'Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social (UNRISD).
source:map.ma