Le Président de l'Association des portés disparus au polisario (APDP), Dahi Aguai, a adressé mardi une lettre au Président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, dans laquelle il sollicite son appui pour juger les dirigeants du Polisario responsables des violations des droits de l'homme à Tindouf, en Algérie.
"Nous avons grand espoir que le Président du gouvernement (espagnol) nous aide à recouvrer nos droits bafoués par les tortionnaires qui ont violé notre jeunesse", écrit Dahi Aguai qui a passé de longues années dans les geôles du Polisario, dans le sud-ouest algérien.
Le Président de l'APDP rappelle, dans sa missive, qu'il a été lui-même témoin de la disparition de cinq soldats espagnols et de la torture d'un grand nombre de Sahraouis, alors que le Sahara était encore colonie espagnole.
Il souligne que son Ong avec d'autres Sahraouis victimes de tortures, de détention illégale et de graves violations des droits de l'Homme dans les camps de Tindouf, ont décidé de poursuivre devant la justice espagnole des dirigeants du Polisario.
Plusieurs dirigeants du Polisario et responsables algériens font l'objet d'une plainte pour "génocide et terrorisme" déposée en décembre dernier devant l'Audience Nationale, la plus haute juridiction pénale espagnole, rappelle-t-on.
Plusieurs Sahraouis, appuyés par l'Association sahraouie de défense des droits de l'Homme (ASADEDH), accusent un grand nombre de dirigeants du Polisario et des gradés de l'armée algérienne de "génocide, assassinats, blessures, détention illégale, terrorisme, tortures et disparitions".
"La politique ne peut jamais protéger les tortionnaires qui violent les droits de l'homme, au moment où le Polisario utilise cette couverture politique pour les protéger et leur permettre même de circuler librement dans plusieurs pays européens avec des passeports diplomatiques algériens", dénonce le président de l'APDP.
M. Aguai dénonce aussi l'exploitation des enfants sahraouis par la direction du Polisario à des fins de propagande, en mettant à profit les vacances que des milliers d'enfants passent en Espagne pour instrumentaliser pendant un mois la misère qu'ils vivent durant onze mois dans les camps de Tindouf.
source:map.ma