Une rencontre scientifique internationale sur la gestion des ressources en eau dans les zones arides et l'apport des procédés non conventionnels a ouvert ses travaux samedi au Palais des congrès de Laâyoune.
Initiée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI par la société marocaine des Membranes et de Dessalement (SMMD), l'Université Ibn Tofaïl-Kénitra et l'Université Hassan II - Mohammedia, cette rencontre de deux jours s'assigne pour objectif de mettre en exergue les contraintes sur les ressources hydriques en zones arides, de faire l'état des lieux des avancées réalisées dans le domaine du dessalement et de la réutilisation des eaux usées et de débattre des procédés non conventionnels visant à apporter des solutions pour surmonter ces contraintes.
Prennent notamment part à cette manifestation quelque 250 chercheurs marocains et étrangers venant de plusieurs pays, dont la France, l'Espagne, la Belgique, l'Italie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, L'Inde, Oman, la Tunisie, la Libye, la Mauritanie, le Sénégal et le Niger.
Dans une allocution à l'ouverture des travaux de cette manifestation scientifique, Mme Latifa Tricha, secrétaire générale du ministère de l'Education nationale, de l'enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique, a mis l'accent sur l'importance de la tenue de cette rencontre scientifique qui offre une occasion pour débattre des mécanismes modernes relatifs à l'exploitation, l'assainissement et l'amélioration de la qualité des eaux.
Mme Tricha a relevé que le déficit croissant en eau enregistré ces dernières années est dû à trois facteurs, en l'occurrence le déséquilibre entre l'offre et la demande, les changements climatiques qui sont à l'origine de la pénurie des eaux profondes et le phénomène de la désertification qui ne cesse de s'aggraver, outres les inconvénients de l'utilisation des méthodes traditionnelles dans l'exploitation de l'eau.
Cette situation, a-t-elle poursuivi, exige la mise en place de solutions efficaces et d'alternatives prometteuses, notant que "les axes qui seront débattus lors de cette rencontre rentrent dans les préoccupations actuelles et futures de tous les pays du monde, et plus particulièrement du continent africain".
Elle a souligné la nécessité d'adopter de nouvelles politiques de gestion des ressources hydrauliques et de mettre au point de nouvelles méthodes efficaces, aux côtés des techniques de dessalement de l'eau de mer et la réutilisation des eaux usées, en raison du rôle stratégique de cette matière vitale dans la sécurité alimentaire, la préservation de l'équilibre environnemental et la stabilité sociale et dans le développement de l'économie.
Le gouvernement marocain, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, accorde un intérêt particulier au secteur de l'eau à travers la mise en place d'une politique hydrique intégrée et rationnelle visant la satisfaction des besoins en eau des habitants et des secteurs productifs, tout en veillant à la sauvegarde de l'équilibre environnemental dans les différentes régions du Royaume, a-t-elle rappelé.
Le Maroc a veillé, lors de toutes les rencontres internationales, à souligner la nécessité de conjuguer les efforts de la communauté internationale et renforcer la coopération et mettre des politiques beaucoup plus efficaces dans le domaine de la gestion de l'eau.
De son côté, le wali de la région Laâyoune-Boujdour-Sakia-El Hamra, M.
M'hammed Dreyf, a souligné à l'ouverture de cette rencontre que "l'eau était et est encore l'axe essentiel des politiques de développement au Maroc", faisant remarquer que l'Etat a consacré des fonds importants pour développer ce secteur vital et réaliser des équipements et ouvrages hydrauliques d'envergure, notamment des barrages et de grands circuits d'irrigation.
Après avoir rappelé une série de facteurs naturels et humains à l'origine du déficit des ressources en eau, M. Dryef a insisté sur "la nécessité de revoir les méthodes d'exploitation de ces ressources hydriques et de chercher de nouvelles solutions et des mécanismes efficaces de nature à assurer la pérennité de cette matière vitale".
Il a plaidé, dans ce sens, pour l'adoption d'une approche participative dans la mise en place et la gestion des programmes et projets liés au secteur de l'eau.
La séance d'ouverture à été marquée par des allocutions de Mme Rahma Bourqia, Présidente de l'Université Hassan II- Mohammedia, de M. Mohammed Essaouri, président de l'Université Ibn Tofaïl, et de M. Azzedine El Midaoui, président de la SMMD, qui ont souligné l'importance de la tenue de cette rencontre scientifique, et des thèmes riches qui seront abordés et débattus par d'éminents spécialistes venus de différents pays.
Les intervenants ont soulevé à cette occasion les contraintes liées à la rareté des ressources en eau conventionnelle auxquelles sont confrontés les pays du pourtour méditerranéen et plus particulièrement ceux du sud.
Les participants à cette rencontre se pencheront sur l'identification des difficultés et des contraintes liées aux ressources hydriques en zones arides, l'examen des progrès scientifiques, techniques et technologiques de dessalement et de réutilisation des eaux usées aux niveaux national et international et débattront de l'apport des procédés non conventionnels dans la maîtrise des contraintes des ressources hydriques en zones arides.
Les travaux de cette rencontre se déclineront en une série d'exposés axés notamment sur "l'état des ressources en eau dans la région de Laâyoune-Boudour-Sakia-El Hamra et les besoins de développement", "la réutilisation des eaux usées: quelles solutions pour quelles technologies", "les techniques membranaires pour le développement durable", "expérience de l'ONEP en matière de dessalement: capitalisation d'un savoir faire", et "les nouvelles orientations technologiques de dessalement".
Les exposés débattront également du "dessalement pour l'industrie: expérience de l'OCP", "les traitements spécifiques, seule alternative pour la production d'eau potable dans les provinces du sud: présentation de l'état de l'art et opportunité", "le système national de recherches et d'innovation: situation de la recherche dans le domaine de l'eau", "le traitement et la réutilisation des eaux usées au Maroc: expériences et perspectives", et "le traitement poussé des eaux municipales avec réutilisation".
source:map.ma