Les travaux de la commission des affaires politiques du Conseil maghrébin de la Choura ont débuté mercredi à Tunis.
Les participants à cette réunion de deux jours examineront le rapport du secrétariat général portant sur les activités de cette instance et discuteront de deux principaux thèmes, à savoir "l'Union pour la Méditerranée : les objectifs et les mécanismes de réussite du processus" et "le terrorisme et ses dangers sur la sécurité et la stabilité dans le bassin méditerranéen".
Intervenant à cette occasion, le président du Conseil de la Choura, le Tunisien Mohamed Affif Chiboub, a souligné l'importance d'activer les structures de l'Union du Maghreb arabe (UMA), devenue une nécessité impérieuse et un choix stratégique irréversible, en particulier dans un monde globalisé marqué par les regroupements régionaux et internationaux.
Et d'ajouter que tous les pays maghrébins sont conscients de l'importance de fonder l'UMA sur des bases solides pour réaliser le développement global et assurer la sécurité, la stabilité et le bien-être aux peuples de la région.
M. Chiboub a appelé à surmonter les disputes qui entravent la réalisation des objectifs escomptés, soulignant à cet égard le rôle important que pourrait jouer la diplomatie parlementaire pour relancer l'Union maghrébine.
De son côté, le secrétaire d'Etat tunisien chargé des affaires maghrébines, arabes et africaines, M. Abderraouf Bassti, a mis l'accent sur l'importance que revêt l'Union du Maghreb arabe, qui représente l'un des fondements de l'intégration régionale dans la région euro-méditerranéenne.
Relever les défis relatifs au développement durable, à la sécurité et à la stabilité, à la lutte contre l'extrémisme, le terrorisme et le crime organisé, à l'immigration, à l'environnement et à la santé passe par l'évaluation de la situation actuelle de la coopération maghrébine afin de renforcer les mécanismes devant développer cette coopération pour satisfaire les aspirations des peuples de la région, a-t-il dit.
M. Bassti a relevé que l'Union pour la Méditerranée pourrait constituer un grand regroupement régional et un cadre réunissant diverses cultures, du fait qu'il sera formé par des pays de l'Union européenne et d'autres du sud de la Méditerranée.
Le responsable tunisien a, par ailleurs, mis en relief l'importance d'intensifier le dialogue politique pour le hisser au niveau du dialogue stratégique le but étant de renforcer l'efficacité de l'espace euro-méditerranéen.
Pour sa part, M. Abdelhaq Tazi, membre du Conseil de la Choura et président du groupe de l'Istiqlal à la Chambre des conseillers, a noté que les échanges commerciaux entre les pays membres de l'UMA ne dépassent guère 3 PC, contre 60 PC entre les pays de l'UE et 26 PC entre les pays asiatiques.
Il a relevé à ce propos les pertes énormes pour les peuples maghrébins, faisant remarquer qu'on ne peut développer les échanges commerciaux et les flux des capitaux entre les pays maghrébins au moment où les frontières de certains pays sont fermées, comme c'est le cas entre l'Algérie et le Maroc depuis 1994.
Il a appelé à cet égard à adresser une recommandation aux dirigeants des pays maghrébins concernant la nécessité d'activer les dispositions du traité constitutif de l'Union du Maghreb Arabe, en particulier l'article 2, soulignant l'importance de mettre fin aux disputes bilatérales qui entravent la relance de l'UMA.
S'agissant de l'Union pour la Méditerranée, il a affirmé que l'Union européenne aspire à travers ce cadre à établir des relations de coopération et de partenariat dans les domaines ayant trait à l'immigration clandestine, à la paix, à la sécurité et au terrorisme, tandis que les pays du sud de la Méditerranée veulent traiter de la lutte contre la pauvreté, de la promotion des investissements, de l'amélioration du pouvoir d'achat des citoyens et du renforcement de la démocratie.
M. Tazi a, également, mis en valeur l'importance d'élever la coopération entre les deux rives de la Méditerranée au stade d'un véritable partenariat équitable afin de réaliser des projets communs dans des secteurs relatifs notamment aux infrastructures de base, à la recherche scientifique et au développement humain.
Les recommandations de la commission des affaires politiques du Conseil maghrébin de la Choura seront soumises au Conseil lors de sa 7ème session, prévue en Algérie les 10 et 11 juin prochain.
source:map.ma