Le jugement rendu jeudi par le tribunal administratif de Rabat annulant la constitution du Parti démocratique amazigh marocain (PDAM) est un verdict "normal" qui était attendu par les observateurs, sachant que l'amazighité en tant que composante essentielle de l'identité marocaine reste une propriété de l'ensemble des Marocains et ne peut en aucun cas faire l'objet "de surenchères fallacieuses pouvant menacer l'unité nationale", estime-t-on de source proche du ministère de l'Intérieur.
Ce verdict est tout aussi normal au regard des objectifs annoncés par le parti dans ses documents et des déclarations de ses dirigeants basés sur l'utilisation de la diversité culturelle de la société marocaine à des fins politiques, ajoute-t-on de même source.
Dans ce contexte, plusieurs institutions et dirigeants de partis politiques et représentants des composantes de la société civile avaient exprimé "leur irritation vis-à-vis de l'orientation discriminatoire adoptée par les dirigeants du parti", poursuit la même source.
Les délibérations sur cette affaire ont duré plus de 8 mois durant lesquelles la justice a écouté les plaidoiries des deux parties. La défense du parti a pu, durant cette période, s'exprimer et défendre ses positions en toute liberté et conformément aux conditions juridiques garanties par l'Etat de droit.
La décision du tribunal administratif fait suite à une requête du ministère de l'Intérieur visant à annuler la constitution du PDAM en raison de la connotation de son appellation, de son statut et de son programme qui corroborent ses tendances linguistique et ethnique qui sont contraires aux dispositions de l'article 4 de la loi sur les partis, ajoute la même source.
Par ailleurs, la même source rappelle le verdict rendu jeudi par la même juridiction décidant l'annulation de la création du présumé "parti de la oumma", à la demande du ministère de l'Intérieur.
En effet, ajoute-t-on de même source, le jugement s'est fondé sur la violation par les fondateurs de ladite formation de l'article 8 de la loi sur les partis qui fixe les dispositions et conditions de la procédure de création des partis, en ce sens que les concernés ont prétendu avoir déposé le dossier de création auprès des services compétents du ministère de l'Intérieur, alors qu'en réalité, cette procédure n'a en aucun cas été entreprise, ce qui a soulevé des interrogations sur ce comportement.
Les responsables du PDAM et du parti de la Oumma peuvent interjeter appel, conclut la même source.
source:map.ma