Fortement critiqu? pour sa gestion du dossier libanais, le Premier ministre isra?lien cherche des alli?s sur sa droite en discutant avec une formation favorable ? l'?tablissement d'un r?gime pr?sidentiel. Pendant ce temps, le chef du gouvernement palestinien, Isma?l Haniyeh, fait grief aux gouvernements arabes de l'avoir abandonn

En Isra?l, il n'y a pas de ? tr?ve des confiseurs ? durant les f?tes d'automne, les plus importantes du calendrier religieux juif. La politique ne perd jamais ses droits. Ce qui explique l'attention particuli?re port?e par la presse ? la rencontre dans la nuit du 7 octobre, entre le Premier ministre et Avigdor Lieberman, dirigeant d'Isra?l Bettenou, un parti d'extr?me droite russe qui dispose de 11 si?ges ? la Knesset.
De Yediot Aharonot ? Maariv en passant par Haaretz, les quotidiens isra?liens soulignent que la rencontre entre les deux hommes laisse augurer de la prochaine entr?e d'Avigdor Lieberman au gouvernement. Craignant d'?tre la cible de vigoureuses attaques de l'opposition lors de la session parlementaire qui s'ouvre dans quelques jours et redoutant h?sitations des d?put?s de Kadima et des Travaillistes, Ehoud Olmert aurait trouv? la parade: le ralliement d'Isra?l Be?tenou ? sa coalition lui am?nerait 11 voix suppl?mentaires. Cela pourrait, dans la foul?e, conduire deux autres formations, le Parti national religieux et l'Ihoud L?oumi, ? quitter l'opposition pour passer dans la majorit?. Le principal obstacle ? leur ralliement est lev? puisque Ehoud Olmert a abandonn? son programme de ? red?ploiement des colonies? en Cisjordanie.
Ces soutiens ne seraient pas de trop pour permettre ? Ehoud Olmert de pallier une ?ventuelle d?fection du Parti travailliste (19 d?put?s), de Gil, le Parti des retrait?s (7 d?put?s), et de certains membres de son parti, Kadima, tous hostiles aux concessions qu'aurait fait le Premier ministre ? son ?ventuel nouvel alli?. Lors de sa rencontre avec Avigdor Lieberman, le chef du gouvernement se serait en effet engag? ? soutenir le projet de r?forme en profondeur du syst?me politique isra?lien d?fendu par Isra?l Be?tenou. Ce projet vise ? substituer au syst?me national de liste existant, le scrutin d'arrondissement et ? renforcer consid?rablement les pouvoirs du Premier ministre dont les pr?rogatives seraient d?sormais calqu?es sur celle du chef de l'ex?cutif am?ricain. Le projet, auquel une Commission pr?sidentielle de r?forme du r?gime, a donn? son aval, est loin de susciter l'adh?sion enthousiaste de tous les membres de l'actuelle coalition. De nombreux observateurs, sp?cialistes de sciences politiques ou de droit constitutionnel, font remarquer d'ailleurs que la r?forme envisag?e ne serait pas de nature ? rem?dier aux d?fauts criants du syst?me politique isra?lien, notamment l'instabilit? gouvernementale. Ils citent en exemple la r?forme, abolie par le pr?d?cesseur d'Ehoud Olmert, Ariel Sharon et qui avait pour but de renforcer les grands partis au d?triment des petites formations et de conf?rer au chef du gouvernement une autorit? accrue, d?coulant du suffrage universel et non plus de sa simple d?signation par les d?put?s.
Or, les ?v?nements ont d?menti cette vision singuli?rement optimiste. Pour de nombreux observateurs, la r?forme projet?e, qui heurte l'attachement profond des Isra?liens au syst?me parlementaire, risque fort d'avoir les m?mes effets. Sur le papier, elle est parfaite mais la r?alit? sera bien diff?rente. Cela n'a pas emp?ch? Ehoud Olmert de se d?clarer favorable ? un r?gime pr?sidentiel et ? laisser entendre qu'il voyait dans Avigdor Liebeman un ?partenaire souhaitable? auquel il serait pr?t ? accorder le titre de vice-Premier ministre. Critiqu? pour son immobilisme, le chef du gouvernement semble vouloir ainsi ?rappeler qu'il existe? et qu'il est en mesure de substituer ? ses alli?s du moment, les Travaillistes et les Retrait?s, d'autre partenaires.
? ceci pr?s que ses ?ventuels nouveaux alli?s sont loin de partager ses vues en mati?re de politique ?trang?re. Ehoud Olmert en est bien conscient et dispose au demaurant d'une pr?cieuse ?assurance-vie? : le projet ?labor? par la Commission pr?sidentielle est mort-n?. Il n'a aucune chance d'?tre ratifi? par la Commission des lois de la Knesset et, donc, d'?tre soumis au vote de celle-ci. Fort de cette conviction, il peut donc s'offrir le luxe d'un flirt passager avec Isra?l Be?tenou, afin de peser sur ses autres partenaires et renforcer ainsi son autorit?. Il n'a pas besoin d'un r?gime pr?sidentiel pour cela, il lui suffit de se servir des recettes les plus ?cul?es du parlementarisme.
Comme le disait un diplomate, ?il faut que tout change pour que rien ne change?. Ehoud Olmert a retenu cette le?on et semble l'avoir fait sienne ? la veille de son voyage en Russie, un d?placement qui le dispense d'avoir, pour l'instant, ? poursuivre le dialogue avec Avigdor Lieberman. D'autant plus que les Travaillistes, en faisant savoir qu'ils n'?taient pas hostiles ? un ?largissement n?goci? de la coalition gouvernementale, retournent contre lui la man?uvre imagin?e par Ehoud Olmert. Celui-ci est contraint d?sormais de donner satisfaction aux uns et aux autres, aux Travaillistes comme ? Isra?l Be?tenou, un grand ?cart qui diminue plus qu'il n'amplifie sa marge de man?uvre.
Le leader travailliste Amir Peretz s'est en effet d?clar? pr?t ? si?ger aux c?t?s d'Avigdor Lieberman alors que, durant la campagne ?lectorale, il s'?tait engag? ? ne passer aucune alliance avec Isra?l Be?tenou qu'il avait qualifi? de ? parti d'extr?me droite ?. Il a chang? d'avis sans doute, de l'avis de nombreux observateurs, parce qu'il est avant tout pr?occup? de donner le change ? l'opinion publique et de redorer son image passablement ternie par son comportement durant la guerre du Liban.
Quant ? Avigdor Lieberman, qu'il entre ou non au gouvernement est secondaire. L'important est qu'il ait acquis la stature d'un homme d'?tat responsable et reconnu.
L'acceptation par Amir Peretz de l'entr?e au gouvernement d'Avigdor Lieberman ne permettra pas ? Ehoud Olmert de sauver sa coalition. Car le parti religieux orthodoxe s?pharade Shass menace de quitter le cabinet si le Premier ministre ent?rine la coalition sine qua non pos?e par le leader d'Isra?l Be?tenou ? son ralliement, l'institution d'un ?mariage civil?, inexistant pour l'instant en Isra?l. C'est une revendication de longue date des immigrants russes que le Shass ne peut accepter. Rien n'est donc jou?, du moins jusqu'au retour d'Ehoud Olmert de Russie...
Du c?t? palestinien, l'?v?nement le plus important aura ?t? le discours prononc? ? Gaza par le Premier ministre Isma?l Haniyeh, un discours empreint d'amertume et de tristesse. Bien qu'il s'affirme d?cid? ? continuer ? la t?te du gouvernement palestinien, le leader du Hamas s'est plaint de l'hostilit? dont il est l'objet non seulement des Etats-Unis mais aussi de l'Autorit? palestinienne de Mahmoud Abbas et de nombreux gouvernements arabes qui refusent, ? l'exception du Qatar, de l'inviter et de le consid?rer comme un interlocuteur acceptable. Cette d?claration montre qu?Isma?l Haniyeh a peur pour l'avenir. Tout comme Abou Mazen, il redoute que la bande de Gaza ne sombre dans l'anarchie et ne devienne le th??tre d'une v?ritable ?guerre civile? opposant le Hamas au Fatah. Bien que le Fatah soit divise sur a conduite ? tenir, v?t?rans et jeunes loups se livrant en son sein ? d'?pres rivalit?s, Mahmoud Abbas pourrait en profiter pour mettre en ?uvre les solutions que lui sugg?rent certains pays, ? savoir d?mettre Isma?l Haniyeh de ses fonctions, constituer un cabinet compos? de technocrates et d'experts, dissoudre le Parlement et organiser, d?but 2007, de nouvelles ?lections l?gislatives. Reste ? savoir si ce coup de force permettrait l'?mergence d'une nouvelle direction palestinienne capable de se substituer ? celle du Hamas et de disposer d'une large l?gitimit?. Rien ne te garantit.
On comprend d?s lors mieux pourquoi le pr?sident ?gyptien, Hosni Moubarak a tir?, le 6 octobre, la sonnette d'alarme en affirmant : ?Le Proche-Orient est au bord de l'explosion?. Sois homologue syrien, Bachar al Assad, s'est ?galement montre tr?s pessimiste en d?clarant : ?Nous nous pr?parons ? la guerre?. A ceci pr?s que cette affirmation ?tait pour lui un moyen de lancer un discret appel du pied ? Isra?l en vue de la reprise des n?gociations, entam?es sous Yitzhak Rabin puis Ehoud Barak, entre Damas et Tel Aviv afin de permettre ? la Syrie de r?cup?rer le plateau du Golan occup? depuis 1967. Si cet appel ?tait entendu et suscitait une r?ponse, officielle ou officieuse, il est fort ? parier que la Syrie ferait passer ses propres int?r?ts avant ceux des Palestiniens et qu'elle sera plus soucieuse de r?cup?rer le Golan, au prix d'un accord s?par?, que d'oeuvrer en faveur d'une solution d?finitive du probl?me palestinien. Outre le fait qu'une telle attitude conforterait la th?se des Am?ricains pour lesquels le dirigeant du Hamas ext?rieur, Khaled Mechaal, install? ? Damas, n'est qu'un jouet aux mains des Syriens, ce choix, qui n' est pas totalement ? exclure, est une arme brandie au-dessus de la t?te d?Isma?l Haniyeh et explique donc le ton tr?s pessimiste de son discours. Comme s'il se pr?parait d?j? ? l'in?luctable.
source:aujourdhui.ma