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Economie : BM-FMI : Le Maroc oeuvre à rationaliser les subventions à travers un meilleur ciblage des populations bénéficiaires
Posté par achkoune le 14/04/2008 08:39:12 (725 lectures) Articles du même auteur

Le Maroc est en train d'identifier les mesures les plus appropriées en vue de rationaliser le système des subventions à travers un meilleur ciblage des populations bénéficiaires, a déclaré le ministre de l'économie et des finances, M. Salaheddine Mezouar.


Intervenant lors de la rencontre du groupe consultatif africain avec le Directeur Général du FMI, M. Dominique Strauss Kahn, au sujet de l'impact de la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires sur les pays africains, M. Mezouar a indiqué que les subventions aux prix représentent l'équivalent de 4 pc du PIB du Maroc et que la flambée des cours s'est traduite par des incidences importantes sur les déficits budgétaire et commercial.

M. Mezouar qui prend part, à la tête d'une délégation comprenant les responsables de son département, de Bank Al Maghrib et du ministère des Affaires économiques et générales, aux travaux des réunions du printemps de la Banque Mondiale et du FMI se déroulant à Washington les 12 et 13 avril, a fait remarquer que la flambée des cours mondiaux de l'énergie et des denrées alimentaires revêt désormais un caractère structurel.

Il a expliqué à ce propos que l'impact de cette flambée sur les différents pays n'est pas le même, selon qu'ils soient riches, à revenu intermédiaire ou pauvres.

Pour les pays riches, ces hausses posent des problèmes de pouvoir d'achat et remettent en cause les modèles de consommation alors que pour les pays à revenu intermédiaire, l'impact se fait ressentir sur les balances commerciales et les finances publiques.

Quant aux pays les plus pauvres, ils sont face à une question de survie et de menace certaine sur la stabilité, a souligné M. Mezouar, insistant qu'à court terme, les pays à revenu moyen doivent arbitrer entre le soutien aux prix et l'investissement et, in fine, le potentiel de croissance.

A moyen terme, des refontes des systèmes de subvention sont à opérer en parallèle avec des actions sur les structures de production notamment agricoles, a-t-il dit.

Cette nouvelle donne nécessite des réponses différenciées, a précisé le ministre, soulignant que les efforts les plus importants doivent être déployés au profit des populations et des pays les plus défavorisés.

M. Mezouar a également observé que la situation des cours des matières premières sur les marchés mondiaux montre clairement qu'il y a une absence de régulation. Les mécanismes de l'offre et de la demande n'expliquent que partiellement la flambée actuelle et les pratiques spéculatives interfèrent de plus en plus dans la formation des cours.

Compte tenu des incidences négatives de ces évolutions sur bon nombre de pays, notamment africains, M. Mezouar a invité le FMI à reconsidérer son approche, surtout concernant les critères retenus pour l'appréciation des indicateurs des pays.

Le responsable marocain, qui a aussi souligné la responsabilité des institutions multilatérales pour une meilleure régulation de la mondialisation, a appelé à plus de créativité pour éviter que l'économie mondiale ne devienne l'otage des spéculateurs.

La délégation marocaine a, également, pris part à la 79ème réunion du groupe intergouvernemental des 24 pour les questions monétaires internationales et le développement, dont la mission est de coordonner la position des pays en développement sur les questions monétaires et financières internationales.

La réunion du G-24, qui s'est tenue en présence du directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, et du président de la BM, Robert Zoellick, a porté principalement sur la situation économique et financière mondiale, la réforme des institutions de Bretton Woods, le changement climatique et le financement du développement.

Les participants ont, ainsi, exprimé leur appréhension quant aux turbulences financières récentes et la grande incertitude qui plane sur les perspectives économiques mondiales.

Ils ont appelé les pays avancés à prendre des mesures décisives pour remédier à la crise économique et financière actuelle et renforcer le cadre de réglementation et de contrôle afin d'assainir l'assise du système financier mondial et favoriser une croissance mondiale soutenue.

Au sujet de la réforme des institutions de Bretton Woods, et tout en saluant les dernières mesures relatives au calcul des quotes-parts, les participants ont appelé à la réforme de la gouvernance au sein de ces institutions, comme ils ont exprimé la nécessité de lancer la réforme des droits de vote au sein de la Banque mondiale également.

Pour ce qui est du financement du développement, les ministres du G-24 ont noté avec satisfaction les bons résultats en matière de croissance enregistrés dans toutes les régions en développement depuis la conférence de Monterrey en 2002.

Par contre les participants ont considéré que les progrès accomplis au regard des deux principaux engagements pris par les pays développés, notamment l'augmentation de l'aide à l'appui aux objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et la réforme de l'architecture financière mondiale, ont été décevants. Il a été noté, dans ce cadre, que l'Afrique subsaharienne risque de ne pas atteindre les OMD.

Le G-24 a, en outre, appelé à une démarche cohérente et collective pour faire face au problème du changement climatique, estimant qu'une telle démarche devra englober des mesures visant à atténuer les effets du changement climatique ainsi que des initiatives permettant aux pays de s'adapter aux conséquences inévitables de ce changement.

Cette démarche nécessitera d'importantes ressources financières dont la majeure partie devra prendre la forme de dons, ont fait remarquer les participants.

La prochaine réunion des ministres du G-24 devrait avoir lieu le 10 octobre 2008 à Washington.

source:map.ma

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