Le Sénat japonais a refusé mercredi l'investiture du candidat gouvernemental Koji Tanami au poste de gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), laquelle va par conséquent se retrouver jeudi sans chef pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale.
C'est la deuxième fois en une semaine que le Sénat, où l'opposition est majoritaire, rejette un candidat proposé par le gouvernement. Il avait, le 12 mars, bloqué l'investiture de l'ex vice-ministre des Finances Toshiro Muto.
Selon la loi, le gouverneur de la BoJ doit être approuvé par chacune des deux chambres du parlement. Le Parti démocrate du Japon (PDJ), principale force de l'opposition de centre-gauche qui contrôle la chambre haute depuis juillet 2007, dispose donc de facto d'un droit de veto en la matière.
Le PDJ avait annoncé mardi qu'il était contre M. Tanami, qu'il accuse de manquer d'indépendance en raison de son passé de vice-ministre des Finances. Le même grief avait été formulé contre M. Muto la semaine dernière.
Sans surprise, le Sénat a donc refusé mercredi l'investiture de M. Tanami par 125 voix contre 112.
Il a en revanche approuvé l'investiture du candidat proposé par le gouvernement au poste de vice-gouverneur, Kiyohiko Nishimura, un professeur d'université qui siège déjà au comité de politique monétaire de la BoJ.
Quelques minutes plus tard, la chambre des députés, où le parti au pouvoir dispose d'une large majorité, a de son côté approuvé les nominations de MM. Muto et Nishimura. Au final, seul ce dernier a donc été formellement investi.
"Le résultat est extrêmement regrettable", s'est lamenté Hidehisa Otsuji, un sénateur du Parti libéral-démocrate (PLD), la formation de droite au pouvoir.
M. Otsuji s'est montré partisan de réviser la loi sur la Banque du Japon, de façon à ce que le vote des députés prévale sur celui des sénateurs lors de l'élection du gouverneur, comme c'est le cas pour les lois ordinaires.
Le rejet par le Sénat de la candidature de M. Tanami va laisser la Banque du Japon sans gouverneur après l'expiration, mercredi à minuit (15H00 GMT), du mandat de cinq ans de Toshihiko Fukui, une situation sans précédent au Japon depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.
Les économistes jugent toutefois que l'impact sera minime, à condition que la vacance ne s'éternise pas.
La loi prévoit qu'en cas d'absence du gouverneur, un des gouverneurs assure l'intérim. Cette tâche reviendra donc à M. Nishimura ou à son collègue Masaaki Shirakawa, un autre professeur d'université et ancien cadre de la BoJ dont l'investiture a été approuvée la semaine dernière par les deux chambres.
Même en l'absence du gouverneur, le comité de politique monétaire de la BoJ continuera à se réunir et à prendre des décisions sur les taux d'intérêt. Sa prochaine réunion ordinaire est prévue les 8 et 9 avril.
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source:actu.ma