La réputation du Maroc en tant que destination touristique n’est plus à faire. Et pourtant, dans le secteur du tourisme, tout ne va pas pour le mieux. Afin de bien cerner le problème, une étude a été commanditée par le ministère du Tourisme, concernant l’adéquation formation-emploi dans le secteur de l’hôtellerie, pour la période 2007-2008.
Ce travail, qui a été réalisé par le cabinet Capital Consulting a le mérite d’attirer l’attention sur les besoins du secteur de l’hôtellerie, et d’en faire une analyse pertinente. Et de proposer des recommandations quant aux écarts constatés entre l’offre et la demande en matière de ressources humaines. Un constat confirmé par les opérateurs du secteur. De manière globale, une critique sévère est adressée aux établissements de formation. Ceux-ci manqueraient d’interactivité avec le milieu qu’ils sont censés alimenter en lauréats. Des lauréats adaptés à l’évolution des pratiques du secteur.
L’appareil pédagogique a été également passé en revue. Et là où le bât blesse, c’est que les formateurs manquent d’expérience pratique sur le terrain, ce qui se répercute forcément sur les contingents formés. On constate un manque de dimension pratique dans leur formation, leurs travaux pratiques étant insuffisants et leurs stages souvent trop courts. Pointée du doigt aussi, l’absence d’encadrement de qualité.
Ceci est lourd de conséquences dans un métier qui privilégie le côté opérationnel, puisque essentiellement orienté vers les services.
André Halbert, restaurateur à Casablanca, se plaint de l’absence pure et simple de personnel qualifié, du manque de culture gastronomique, ainsi que de la motivation parfois inexistante du personnel. Il insiste également sur l’importance de la formation continue.
Par ailleurs, les établissements de formation hôtelière se concentrent trop sur les métiers classiques du secteur. De nombreuses activités très en vogue sont très peu maîtrisées: thalassothérapie, animation d’ambiance, spectacles et chorégraphies, sports nautiques, golf, casino, etc. Là, la formation se fait «sur le tas».
Certains professionnels ont pallié ce genre de problèmes en créant leurs propres structures internes de formation. Ainsi, selon Marc Thépot, directeur général du groupe Accor , lors d’un recrutement, l’accent est plus mis sur la personnalité et les aptitudes comportementales du candidat, ainsi que sur ses compétences en écriture et en langues étrangères. «Le savoir-faire technique est acquis en formation continue.
Le parrainage fait également partie des pratiques de recrutement, et l’on essaie de galvaniser les troupes grâce à une rémunération correcte doublée d’une protection sociale », ajoute-t-il.
Au niveau régional, l’étude fournit des détails sur les insuffisances propres à chaque zone, ce qui constitue une première.
A titre d’exemple, pour des régions à haute fréquence touristique comme la région de Marrakech-Tensift, l’analyse recense un écart considérable entre l’offre de formation et les besoins de la région. Le même constat peut être effectué au niveau de Tanger-Tétouan, où la majorité des filières de formation ont un dispositif largement sous-dimensionné. La région du Grand Casablanca quant à elle révèle une planification globale satisfaisante, malgré des écarts constatés au niveau de l’administration-gestion et de l’hébergement.
L’étude s’achève par des recommandations. A court terme, il est conseillé de mieux organiser les offres de formation, et de les aligner sur la demande du marché. Il est également question de créer de nouveaux établissements si la situation l’exige.
A moyen et à long termes, on privilégierait plutôt la qualité de la formation. Parmi les recommandations, notons la mise en place d’une cellule de veille sur les pratiques du secteur, le développement de programmes pédagogiques pour les formateurs, ainsi que le perfectionnement de leur expérience sur le terrain.
Il est en outre conseillé d’allonger la durée des stages à 6 mois minimum tout en assurant leur suivi, de renforcer et de diversifier les formations en langues étrangères, ainsi que celles concernant le relationnel client.
source:tourismemaroc.com