Des centaines de manifestants ont bloqué jeudi des routes au Liban après un appel à la grève du principal syndicat pour protester contre la cherté de vie faisant craindre des dérapages dans un pays plongé dans une grave crise politique.
L'armée et les forces de sécurité ont été déployées en force à Beyrouth et dans les grandes villes pour éviter tout débordement.
Le commandant en chef de l'armée, le général Michel Sleimane, a affirmé son soutien à la liberté d'expression mais averti que "toute action qui mène à la guerre civile serait interdite".
La Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL) réclame notamment la réévaluation à 900.000 LL (600 dollars) du salaire minimum mensuel qui est de 300.000 (200 dollars).
A Beyrouth, des dizaines de chauffeurs des transports en commun ont interdit aux taxis transportant des passagers de poursuivre leur route vers l'aéroport international. A Ouzaï, une banlieue de la capitale, des dizaines de pêcheurs ont réclamé des aides du gouvernement.
Dans la Bekaa (est), quelque 200 manifestants ont bloqué avec des pneus enflammés des routes principales. Un policier a tiré en l'air pour se frayer un passage et la balle a touché un enfant qui a été hospitalisé, selon une source de sécurité.
Quelque 150 chauffeurs des transports en commun ont manifesté à Tyr (sud) en scandant: "Nous avons faim, nous voulons manger."
Des manifestants ont coupé les routes à Saïda, chef-lieu du Liban sud, à l'aide de pneus enflammés paralysant la circulation au moment où l'armée tentait de rouvrir les principaux axes. Les magasins ont ouvert leurs portes, mais l'activité était faible.
La majorité parlementaire antisyrienne accuse l'opposition soutenue par Téhéran et Damas d'utiliser les syndicats qui lui sont proches pour organiser des "manifestations politisées".
Elle a invité dans un communiqué "les Libanais à ne pas se laisser entraîner dans le climat de menaces et de terreur et de continuer à mener leur vie de manière normale, loin des appels à la grève".
L'opposition dément tout lien avec les manifestations bien qu'elle ait menacé de recourir à la rue pour obtenir ses revendications d'un gouvernement où elle aurait le tiers de blocage.
"Nous n'avons aucun lien avec les manifestations, il revient au gouvernement (issu de la majorité) de répondre aux revendications des manifestants", a dit un responsable du mouvement Amal, pilier de l'opposition.
L'inflation ne cesse de grimper au Liban, renforçant le malaise d'une société exaspérée de voir s'éterniser la crise politique. Les prix à la consommation ont augmenté de 3,7% de janvier à octobre 2007, poussés par la hausse des prix des denrées alimentaires (8%), selon une étude de l'Institut de recherche et de consultation. Aussi les prix des carburants ont augmenté.
Les manifestations anti-gouvernementales se sont multipliées faisant craindre des dérapages.
Les institutions politiques sont paralysées depuis plus d'un an après la démission de tous les ministres de l'opposition et la présidence de la République est vacante depuis le 24 novembre.
source:aufaitmaroc.com