Le Premier ministre kosovar Hashim Thaçi a annoncé jeudi à Bruxelles que la proclamation d'indépendance de sa province était "une question de jours", plutôt que de semaines, tout en réaffirmant qu'elle se ferait en étroite coopération avec l'UE et les Etats-Unis.
"Nous devons respecter certaines procédures et (mener) certaines consultations également" avant d'en arriver à cette échéance, "mais le Kosovo est prêt, uni, et je pense que la date de la proclamation" va arriver "très bientôt", a-t-il encore déclaré à la presse, à l'issue d'une rencontre avec le diplomate en chef de l'UE Javier Solana, à Bruxelles.
Interrogé sur le point de savoir si la proclamation d'indépendance de la province séparatiste serbe était une question de jours ou de semaines, il a répondu "c'est une question de jours".
Le Premier ministre kosovar a réaffirmé, dans le même temps, que Pristina n'agirait pas de manière unilatérale mais en "coordination" avec l'Union européenne et les Etats-Unis. "Nous allons coopérer étroitement", a-t-il précisé.
Un diplomate européen, sous couvert d'anonymat, a jugé probable une proclamation d'ici la mi-février, après le deuxième tour des élections présidentielles serbes le 3 février, qui opposera l'ultranationaliste Tomislav Nikolic, au président sortant, le pro-européen Boris Tadic.
"Je pense qu'il y a de bonnes chances que cela se passe au début ou mi-février", a dit ce diplomate.
Après les déclarations de M. Thaçi, une autre source diplomatique européenne proche du dossier a indiqué pour sa part ne pas avoir connaissance d'une accélération du calendrier des Kosovars pour la proclamation, par rapport aux scénarii retenus jusqu'ici, tablant plutôt sur une proclamation possible pour fin février ou début mars.
"Nous nous attendons à un soutien massif de la part des Etats-Unis et de l'Europe", a dit pour sa part M. Thaçi, à propos de la reconnaissance de l'indépendance de la province albanophone.
Le Premier ministre kosovar a aussi rencontré jeudi à Bruxelles le commissaire européen à l'Elargissement, Olli Rehn.
A cette occasion, M. Rehn "a réaffirmé la disponibilité de l'Union européenne à prendre ses responsabilités" en vue de parvenir à "un processus coordonné visant à finaliser le règlement du statut du Kosovo", selon sa porte-parole, Krisztina Nagy.
Elle s'est refusée à spéculer sur la date d'une éventuelle proclamation d'indépendance de la province, soulignant qu'il s'agissait d'une question "très sensible".
Les Kosovars peuvent compter sur le soutien d'une vingtaine de pays de l'UE et des Etats-Unis le jour où ils proclameront l'indépendance. Mardi, la secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice a prévenu mardi les Européens qu'il serait "dangereux" de tergiverser sur l'indépendance du Kosovo.
Mais la Serbie, soutenue par la Russie, y est farouchement opposée. Soucieuse d'apaiser Belgrade, l'Union européenne veut accélérer le processus devant la conduire à accueillir un jour ce pays en son sein.
source:aufaitmaroc.com