Deux doublés en deux matches: Amara Diané a marqué des points au Paris SG lors des victoires à domicile face à Lens (3-0) en L1 et Valenciennes (4-0) en Coupe de la Ligue, et se présente désormais comme l'un des tout premiers atouts offensifs du club.
"Réussir deux matches comme ça, ce n'est pas anodin, n'importe quel joueur ne peut pas faire ça": le compliment vient de Jérôme Rothen, sans doute le meilleur Parisien de la saison. Signe que les deux doublés pèsent plus lourd que quatre simples buts.
L'attaquant ivoirien revient pourtant de loin, en tout cas d'une zone floue. Son nom était annoncé dans la case des départs probables lors du mercato, pour des destinations au large du golfe arabo-persique, pour une semi-retraite.
Mais à 25 ans, et pour sa 3e saison au PSG, Diané n'a plus de temps à perdre, et lorgne une place dans l'équipe-type, lui qui navigue entre le terrain et le banc (10 titularisations et 10 entrées en jeu en 20 matches de L1).
"Quand je suis entré en jeu face à Lens, j'ai essayé de mettre tout ce que j'avais en moi pour pallier la blessure de Didier (Digard) et j'ai eu la chance de marquer deux buts, a-t-il confié jeudi. Le coach m'a de nouveau fait confiance hier et j'ai marqué à nouveau deux fois. C'est bien pour moi, je savoure, mais le plus important c'est l'équipe".
Derrière le propos convenu sur l'importance du collectif transparaît bien cette "confiance" accordée par Paul Le Guen, et que le joueur aimerait se voir régulièrement renouvelée. D'autant que Pierre-Alain Frau, au profil similaire d'attaquant de pointe utilisé côté droit, a quitté le club.
Le Guen a tenu à préciser qu'il ne l'avait "jamais considéré comme partant". Sinon à la CAN: "J'avais peur qu'il parte à la CAN, je suis très satisfait qu'il reste avec nous, a dit l'entraîneur. Il a des qualités indéniables, il faut maintenant qu'il gagne en constance et en régularité. Depuis deux matches, il est en pleine réussite. Qu'il joue sur un côté ou en attaque, il met à mal les défenses par sa vitesse et ses dribbles. Pourvu que ça dure".
Meurtri de ne pas être avec les Eléphants pour une CAN qu'ils abordent en grand favori ("Ne me parlez pas de la sélection. Aujourd'hui, je suis joueur du PSG, je ne regarde que le PSG"), Diané en a profité pour faire éclater son dribble chaloupé, sa vitesse d'exécution et son sens du but.
"Amara, c'est peut-être l'un des attaquants qui a la plus grande faculté d'éliminer un ou deux adversaires sur quelques mètres, renchérit Rothen. Il va vite, prend les espaces, est imprévisible et nous fait beaucoup de bien. Il nous donne de la variété dans notre jeu, c'est ce qu'il nous manquait".
Une vivacité qu'apprécie Zoumana Camara, en sa qualité de coéquipier et défenseur: "Il va très vite, possède une pointe de vitesse terrible. Quand il est bien dans sa tête, il est presque inarrêtable".
Dans la vie, Diané cultive la discrétion, et esquive d'habitude aussi rapidement les journalistes au Camp des Loges qu'il dribble ses adversaires sur un terrain. Et s'il a parlé jeudi, c'était pour rejeter son statut de messie. "Si je suis ressuscité? Non, c'est l'équipe qui est ressuscitée. Moi, je fais mon boulot. Si on gagne, c'est grâce à l'équipe, pas grâce à moi".
Et surtout pas d'emballement, comme pour se prémunir de toute euphorie. "Aujourd'hui, ça ne sert à rien de s'enflammer, avertit l'Ivoirien. Le championnat est encore long, on fera le bilan à la fin".
source:aufaitmaroc.com