Lawrence Dallaglio, N.8 du XV d'Angleterre emblématique par sa hargne sur le terrain et son charisme dans le vestiaire, a décidé à 35 ans de mettre un terme à sa carrière internationale marquée par le titre mondial de 2003, dont il fut l'un des grands artisans.
Le colosse (1,93 m, 109 kg), 22 fois capitaine en 85 sélections, a été de toutes les grandes campagnes du XV de la Rose de la dernière décennie: les victoires dans les Tournois 1996, 2000, 2001 et 2003, la première Coupe du monde de l'histoire du pays, dont il a joué intégralement tous les matches, et l'inespérée finale du Mondial-2007.
"J'ai connu une merveilleuse aventure et été le plus fier des Anglais à chaque fois que j'ai revêtu le maillot de mon pays," a déclaré Dallaglio.
"Néanmoins, je pense que ma carrière internationale doit s'arrêter et qu'il est temps pour moi de m'écarter et de laisser la place aux jeunes qui frappent à la porte", a souligné le joueur, qui quittera aussi à la fin de la saison son club de toujours, les Wasps de Londres, après 15 ans de bons et loyaux services.
La finale de la dernière Coupe du monde perdue contre l'Afrique du Sud marque le terme d'une carrière sous le maillot blanc auquel il a toujours marqué son attachement, entamée douze ans plus tôt contre les mêmes Springboks.
Lawrence Dallaglio lors de la finale de la coupe du monde de rugby contre l'Afrique du sud, le 20 octobre 2007 à Saint-Denis (© AFP/Archives - Martin Bureau)
En 1999, deux ans après avoir reçu les galons de capitaine, il décide de les rendre après avoir été piégé par un tabloïd et reconnu sa consommation de cocaïne.
Il continue toutefois d'être retenu par Clive Woodward et est un des leaders du sacre en Australie en 2003.
Ses charges perforatrices, sa détermination et son endurance au combat en ont fait une des pièces-maîtresses de l'invincible pack anglais, avec le capitaine Martin Johnson, à qui il succède après le titre mondial, Phil Vickery et autres Martin Corry.
Sa morgue dédaigneuse face à l'adversaire, appuyée par son regard féroce et sa mâchoire carnassière, en ont également fait un des joueurs les plus détestés hors de son pays.
Il n'a pas non plus été épargné par ses concitoyens lors de son retour en équipe nationale en 2006, 17 mois après l'annonce de sa retraite internationale.
Faisant fi de la vive concurrence à son poste et des critiques acerbes de certains de ses anciens partenaires sur son niveau de jeu, il revient lors du Tournoi des six nations 2006, avant d'être finalement retenu pour le Mondial-2007.
"J'ai été pris pour ce que je sais faire, y compris pour réunir les gens et non les diviser", avait répondu Dallaglio, passé du statut de star à celui de remplaçant de luxe au bénéfice de son expérience et de son charisme.
Ce qui ne l'empêche pas d'attaquer violemment après la finale perdue celui qui l'avait rappelé, l'entraîneur Brian Ashton, estimant qu'il "n'était pas la bonne personne pour ce poste" avant que ce dernier ne soit reconduit dans ses fonctions.
"Ma décision n'a rien à voir avec la présence de Brian Ashton comme manageur de l'équipe nationale", a toutefois assuré le joueur.
"Mike Catt et Jason Robinson ont eux aussi mis un terme à leur carrière internationale. Maintenant, c'est mon tour", a-t-il simplement expliqué.
Avant de quitter les Wasps de Londres, avec qui il a également tout gagné (4 Championnats d'Angleterre, 2 Coupes d'Europe), le fidèle guerrier s'est donné un dernier objectif: "Je veux quitter les Wasps en les menant à un nouveau titre majeur".
source:actu.ma