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Monde : Des «exécutions» sèment la terreur aux abords de Nairobi
Posté par achkoune le 25/10/2007 12:53:12 (693 lectures) Articles du même auteur

La découverte de corps abandonnés aux abords de Nairobi terrifie la population et braque à nouveau les projecteurs sur la police kenyane, accusée d¹exécutions sommaires dans sa guerre contre le gang politico-sectaire Mungiki. Selon des habitants, on a trouvé ces dernières semaines de 10 à 20 cadavres jetés sur un bord de route ou dans un taillis


Mouvement mystique créé au début des années 1990, la secte Mungiki («peuple uni») recrute surtout dans l¹ethnie majoritaire du Kenya, les Kikuyus.
Devenue la plus importante organisation criminelle du pays, elle s¹est spécialisée dans des activités de «protection» et d¹extorsion de fonds, et offre également ses services à des dirigeants politiques peu scrupuleux.
Ces découvertes macabres ont terni la réputation d¹une région verdoyante où des collines ondoyantes font place à des arêtes montagneuses, à des étendues de brousse et d¹arbustes épineux où des groupes d¹écoliers croisent des bergers Massaï.
La présence des corps attire des hyènes, ce qui fait craindre des incidents graves dont pourraient pâtir des enfants.
Repoussant les accusations dont elle est l¹objet, la police assure n¹employer que des moyens légitimes pour traquer les membres du mouvement Mungiki. Elle s¹est vu imputer une série de décapitations et de mutilations qui entretiennent une forte tension à l¹approche d¹élections prévues en décembre.
Des groupes de défense des droits de l¹homme parlent de meurtres extra-judiciaires à propos des méthodes utilisées dans le passé contre le mouvement sectaire. Des opérations de police dans un bidonville de Nairobi se sont soldées par plus de 30 morts en juin dernier.
Certains habitants de Kiserian, localité proche de la capitale, ont dit avoir vu des corps présentant les signes d¹une exécution par balle unique dans la tête.

PROPAGANDE POLITIQUE

«Le cadavre que j¹ai vu avait une marque de balle dans la nuque», rapporte James Saradong, boucher de 22 ans. Il fait état de seize à vingt corps abandonnés ce mois-ci dans le secteur.
«Les gens disent que les victimes ont peut-être été amenées vivantes et tuées là. On a parlé de gens qui criaient quand on les amenait, et ensuite de coups de feu», dit-il.
«La population a peur. Les gens rentrent tôt chez eux pour ne pas être tués en chemin. Cela n¹intéresse pas la police qui ne fait qu¹enlever les corps.»
D¹après un autre habitant, marchand de bétail qui requiert l¹anonymat, un prisonnier évadé a déclaré que la police amenait des membres présumés de la secte Mungiki dans le secteur.
«Nous pensons que les victimes sont des Mungiki parce qu¹ils ne sont pas des environs. Ce sont les policiers qui font ça, on a vu des policiers en uniforme», a-t-il dit.
La Commission kenyane des droits de l¹homme et d¹autres groupes civils enquêtent sur les meurtres. La fondation Oscar, qui fournit des conseils juridiques à titre gratuit, dit soupçonner une unité de police baptisée «Kwe Kwe» et spécialisée dans la lutte contre la secte Mungiki.
«Ils jugent nos lois trop laxistes. Il est difficile de prouver qu¹une personne appartient à une secte illégale. Les policiers sont frustrés, je crois que c¹est pour cela qu¹ils recourent aux exécutions extra-judiciaires», déclare le directeur exécutif de la fondation, Kamau King¹ara.
Les allégations voulant que des membres présumés de Mungiki soient systématiquement tués et leurs corps abandonnés, provoquent la fureur d¹Eric Kiraithe, porte-parole de la police.
«Laisser entendre que des policiers déchaînés assassinent des gens est plus qu¹étrange. Il s¹agit d¹une force de police purement civile - nous ne sommes pas une force de guérilla, nous ne sommes pas des bandits», proteste-t-il.
Kiraithe attribue les allégations visant la police à la campagne des élections présidentielle et législatives: «En cette période (...), les gens mettent les bouchées doubles. Il s¹agit d¹une pure propagande politique.»

source:albayane.ma

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