Fès, nouvelle destination touristique de premier plan. C’est en tout cas l’ambition des opérateurs publics et privés qui mènent de gros efforts dans ce sens. La capacité d’accueil est en pleine restructuration, la mise à niveau de la ville est en cours et les dessertes aériennes augmentées.
Seulement, la question des faux guides est très préoccupante. Aussi les autorités ont-elles décidé de taper fort. La Brigade touristique relevant de la Préfecture de police de Fès a ainsi interpellé 138 faux guides en août dernier. Ceux-ci ont été déférés devant la Justice pour usurpation de fonction et escroquerie. Mais il est difficile d’endiguer le fléau dans la mesure où ces derniers «poussent comme des champignons». «La brigade a beau sévir, il y a aussi beaucoup de laxisme dans le secteur», accuse un hôtelier de la place. Ce qui porte atteinte à l’image de la ville. «Fès connaît d’ailleurs, à cause de ce phénomène et de l’insécurité, le taux de non-retour touristique le plus élevé au Maroc», indique Aziz El Ghaiti, président de l’Association régionale des guides et accompagnateurs touristiques de Fès. De fait, ces faux guides ne se contentent pas de harceler les touristes et de diffuser de fausses informations sur la destination, ils peuvent même se transformer en escrocs ou agresseurs. «Il est aujourd’hui urgent de clarifier le statut des guides et accompagnateurs afin de redorer le blason de la profession», ajoute El Ghaiti. C’est dans cet objectif que la Fédération nationale des accompagnateurs et guides du tourisme et de montagne s’est mobilisée. Elle revendique aujourd’hui la réforme de la loi 30/96. Elle demande aussi la mise en place d’une couverture médicale, un régime de sécurité sociale pour les guides, et des locaux pour les associations régionales.
Le flou qui caractérise la relation guide-agence de voyages suscite également le débat. Certaines agences s’organisent à leur gré sachant que la qualité de l’accompagnement est essentielle pour la réussite d’un voyage (niveau élevé de professionnalisme, une culture diversifiée et des connaissances approfondies). D’autres font appel à des guides agréés mais imposent des conditions jugées draconiennes par des guides: rémunérations et commissions octroyées «au lance-pierre»…
Pour plus de transparence, El Ghaiti appelle à la signature d’une convention collective impliquant guides touristiques, agences de voyages et hôteliers. Convention qui doit fixer un forfait journalier en vue d’améliorer les prestations et les conditions de travail des guides. Car souvent ces derniers sont à la merci des agences de voyages. Certaines vont jusqu’à imposer des visites chez des bazaristes avec lesquels elles ont passé des accords, et ce au détriment des sites historiques. «La plupart des guides acceptent malheureusement ces conditions. Le travail étant très saisonnier, ce qui implique de longues journées de travail en pleine saison et beaucoup de temps libre le reste de l’année», raconte un guide. De telles situations qui ne peuvent naturellement que nuire à la profession et à la destination Fès.
Nouveaux contingents
Près de 263 personnes ont été définitivement admises à l’examen d’accès au métier d’accompagnateur et guide de tourisme. L’affectation de nouveaux contingents se fera suivant les besoins recensés au niveau des villes touristiques. Ils viennent s’ajouter aux 2.500 guides que compte officiellement le pays. Par ailleurs, un bureau d’étude a été chargé par le ministère du Tourisme de préparer, dans un bref délai, le projet de réforme de la loi 30/96 régissant la profession.
source:tourismemaroc.com