Les électeurs et électrices marocains (nes), ayant participé faiblement au vote, ont renouvelé» leur confiance en la majorité actuelle ayant gouverné le pays depuis dix ans.
Celle-ci est conduite par la Koutla Démocratique qui s'est de nouveau affirmée comme première force politique du pays, avec toutefois des aménagements internes en son sein donnant la première place au parti de l'Istiqlal, au lieu de l'Union socialiste des forces populaires, USFP, qui a subi un sérieux revers électoral.
Et contrairement aux «pronostics» en vogue donnant le Parti de la justice et développement (PJD) comme grand favori du scrutin, celui-ci s'est contenté de la deuxième place en récoltant cinq sièges supplémentaires par rapport à 2002 où il n¹avait couvert que moins de la moitié des circonscriptions électorales.
Tels sont les principaux résultats «provisoires» du scrutin tels que présentés par le ministre de l'Intérieur, lors de la conférence de presse tenue samedi soir.
Ces élections se sont déroulées dans des conditions «normales, selon les règles légales garantissant leur transparence» s'est félicité le ministre. Désormais, elles deviennent un «étape normale tant au niveau de leur régularité que des garanties qui l'entourent» a-il-ajouté.
L'Istiqlal, grand gagnant
La répartition des 4,7 millions voix exprimées donne la première place au parti de l'Istiqlal (PI), avec 52 sièges, soit 16 % du total, suivi du PJD a obtenu 47 sièges, (14 % ) loin de réaliser la surprise attendue.
Avec 48 sièges, 13 % des suffrages exprimés, le Mouvement populaire, MP, vient à la troisième place, suivi du Rassemblement national des indépendants (38 sièges, 12 %), de l'Union socialiste des forces populaires avec seulement 36 sièges et 10 % des suffrages exprimés. Locomotive de la majorité gouvernementale depuis 1997, ce parti constitue le «grand perdant des législatives».
Toujours au niveau des sièges remportés, la sixième position, vient l'Union constitutionnelle, UC, qui a réussi à améliorer son score en obtenant 27 sièges, soit 8 % du total. Elle aurait pu faire mieux, si sa liste nationale de femmes n'avait pas été rejetée pour vice de forme.
Quant au Parti du progrès et du socialisme, PPS, il a pu lui aussi améliorer sa mise avec 17 sièges.
Au total, les partis de la majorité actuelle disposent de 186 sièges, contre 90 sièges à la faveur des autres partis représentés dans l'actuel parlement en fin de mandat. Cette majorité demeure conduite par la Koutla Démocratique qui dispose de 105 sièges.
Si 9 partis n'ont pu gagner la confiance des électeurs comme le Parti de l'avant-garde démocratique socialiste (PADS), 18 autres partis ont obtenu 79 sièges, à l'instar du Parti travailliste (5 sièges), le Parti socialiste (3 sièges) et le Parti de la renaissance et de la vertu (PRV), avec un seul siège.
De leur côté, les candidats Sans appartenance politique (SAP) seront représentés à la future Chambre des députés, après avoir obtenu 5 sièges dont 3 reviennent à la liste «Dignité et citoyenneté» conduite par l'ancien ministre de l'Intérieur, démissionnaire le 7 août, Fouad Ali Al Himma qui a fait raz de marée à la circonscription de Rhamna.
L'analyse du profil des 325 futurs députés de la nation montre que 74 d'entre eux sont âgés de moins de 44 ans, alors que 55 % ont un niveau d¹études supérieur. Ce qui dénote, selon Chakib Benmoussa, le progrès réalisé en matière de rajeunissement du parlement.
Quant aux membres du gouvernement qui se sont présentés aux élections, huit d'entre eux sur les 12 candidats, ont été déclarés vainqueurs.
Près d'un million
de bulletins nuls
En dépit des efforts déployés par le Département de l'intérieur, partis politiques et société civile pour mobiliser les citoyens et citoyennes à participer au vote, le taux de participation au scrutin n'a pas dépassé 37 %, inégalement répartis entre le monde rural où il a atteint 43% contre 30 % en milieu urbain. Au total, ce sont 5,7 millions d'électeurs et électrices qui se sont déplacés aux urnes.
Selon le ministre de l'Intérieur, il s'agit d'«un taux normal comparativement à ceux en vigueur dans les pays démocratiques, même s'il est en deçà de nos attentes».
Mais cette faible participation «nous interpelle tous à réfléchir sur les moyens de mobiliser les citoyens et renforcer leur adhésion dans les opérations électorales, accroître leur intérêt pour la chose publique, et à redoubler d'efforts pour être proche de leurs préoccupations».
Si la participation était plus faible à Casablanca avec 27 %, elle est meilleure dans région orientale (31 %) et à Tanger Tétouan (34 %).
Mais, c'est dans les provinces du Sud que cette participation a atteint le niveau le plus élevé avec 62% à Oued Eddahab Lagouira, 58% à Guelmim- Smara, et 50% à Laayoune- Boujdour.
Ce comportement électoral des habitants des régions sahariennes, constitue «la meilleure preuve de l'attachement des citoyens à leur marocanité et leur adhésion effective aux institutions du pays et au renforcement de sa marche démocratique».
En outre, 19 % des bulletins déposés aux urnes, soit près du cinquième, ils ont été déclarés nuls.
En somme, ce sont 4,7 millions de personnes qui ont véritablement participé au vote et exprimé leurs choix et donc contribué à dessiner la configuration politique du pays.
Après le scrutin du 7 septembre, l'heure est aux concertations pour la formation de la future majorité parlementaire et à leur tête le futur président de la chambre des députés.
SM le Roi devra désigner le futur Premier ministre qui sera, comme promis, un homme politique issu de cette majorité.
Mustapha Znaidi
source:albayane.ma