La Fashion Week de Londres a retrouv? un peu de son glorieux pass? cette semaine gr?ce ? l'arriv?e ?poustouflante de l'Italien Giorgio Armani, tout en cherchant ? faire oublier la pol?mique sur la maigreur des mannequins, qui tombait au mauvais moment.

La capitale britannique est depuis plusieurs ann?es consid?r?e comme le parent pauvre face ? Paris, New York et Milan, et les plus grandes figures de la mode internationale n'y faisaient plus escale. Mais apr?s Armani, elle esp?re que cela va changer.
Pour sa premi?re apparition ? Londres, le styliste italien de 72 ans a vu les choses en grand: il a r?uni jeudi de nombreuses c?l?brit?s, dont l'acteur Leonardo DiCaprio, la chanteuse Beyonc? Knowles et le rockeur irlandais Bono, pour pr?senter la collection Emporio Armani printemps-?t? 2007 devant plus de 1.500 invit?s.
Plus de 80 mannequins ont d?fil? en robes courtes ? volants, shorts imprim?s ou maillots de bain, dans des noir et blanc classiques parsem?s de rouge, clin d'oeil ? l'objectif caritatif de la soir?e: promouvoir l'initiative (RED) cr??e par Bono et Bobby Shriver pour lutter contre le sida en Afrique.
Etaient ?galement pr?sents les chanteurs Andrea Bocelli, Natalie Imbruglia, Alicia Keys et 50 Cent, les acteurs Kim Cattrall et Olivier Martinez, la mannequin Elle Macpherson, ou encore les footballers Frank Lampard et Andriy Shevchenko.
"Pour que Londres soit consid?r?e comme une capitale vraiment mondiale de la mode, elle doit convaincre quelques-uns de ses grands noms de revenir d?filer chez eux", expliquait jeudi Giorgio Armani. "Il est peut-?tre temps (...) qu'ils rentrent ? la maison", jugeait-il.
La capitale britannique s'est fait une sp?cialit? d'attirer les talents peu connus et de les lancer sur la sc?ne internationale. Mais elle a souvent ?chou? ? garder ses recrues une fois celles-ci devenues des valeurs ?tablies, comme Alexander McQueen ou Stella McCartney, qui lui ont pr?f?r? Milan, Paris ou New York.
La London Fashion Week avait d?j? signal? en f?vrier son intention de sortir du placard en accueillant B-Rude, la griffe du chanteur Boy George, et elle peut compter sur les grands noms qui lui ont toujours ?t? fid?les, tels que Paul Smith, Betty Jackson ou Julien MacDonald.
Photo: deux mod?les d?filent le 19 septembre 2006 ? Madrid
Esp?rons que malgr? tout ce glamour, Londres n'oubliera pas ce qui la diff?rencie des autres capitales de la mode: sa cr?ativit?, son audace et son multiculturalisme, qualit?s auxquelles de nombreux stylistes restent tr?s attach?s.
En c?l?brant Armani, qui admet ouvertement et sans culpabilit? choisir ses mannequins parmi les plus filiformes, la London Fashion Week a clairement soulign? sa position dans le d?bat actuel sur la maigreur exag?r?e des mod?les, qui encouragerait selon certains l'anorexie chez les jeunes.
Pour les organisateurs de la manifestation, il n'?tait pas question de compromettre les chances de r?ussite de la Fashion Week en interdisant, comme ? Madrid, les mannequins "trop maigres" sur les podiums de Londres.
C?der ? la pol?mique aurait d'ailleurs probablement signifi? ?carter la mannequin vedette britannique Lily Cole, qui p?se ? peine plus de 50 kilos pour 1,78 m?tre. Or la jeune fille de dix-huit ans a fait de nombreuses apparitions sur les podiums cette semaine, et m?me jou? la provocation en d?clarant ? la presse: "Je suis bien comme je suis".
Londres n'est pas la seule capitale ? avoir rejet? l'id?e d'un poids minimum pour les mannequins, New York et Paris ont suivi. En revanche, Milan, o? la Semaine de la mode a commenc? samedi, y songeait.
AFP