L'Instance charg?e de l'ift?a au sein du Conseil sup?rieur des Oul?ma a d?nonc? la fatwa ?mise par AL Qardawi dans laquelle il a "autoris?" les Marocains ? contracter des pr?ts au logement aupr?s des banques.
Dans un communiqu? publi? ? l'issue d'une r?union tenue samedi, l'Instance consid?re que l'auteur de cette fatwa a outrepass? les limites de la biens?ance et commis de grossi?res erreurs en mati?re du savoir et de l'?thique.
Voici la traduction du communiqu? rendu public par cette instance :
"L'Instance charg?e de l'ift?a au sein du Conseil sup?rieur des Oul?ma a tenu samedi 29 cha?bane 1427, correspondant au 23 septembre 2006, une r?union consacr?e ? la fatwa (avis religieux).
Ce qui nous int?resse ? ce propos, c'est de rappeler des v?rit?s relatives au Maroc au plan historique et ? celui du savoir et de la connaissance, et en tout premier lieu, l'attachement des Marocains ? leurs traditions aux niveaux du savoir et de la connaissance, ce qui explique leur vie communautaire sous la banni?re de l'Islam, leur communion autour d'Imarat Al Mouminine, et leur unanimit? autour de l'unit? du culte, de la foi et du comportement.
De g?n?ration en g?n?ration, ils se sont l?gu?s ces choix et les ont pr?serv?s, les uns embo?tant le pas aux autres. Sur la base de ces choix, ils ont ?lev? leurs enfants, ?duqu? leurs g?n?rations et facilit? leur diffusion parmi la population. Leurs ?mirs et ?rudits ont joint leurs efforts pour demeurer sur la voie de cette tradition louable, valoris? le savoir et uvr? ? sa diffusion dans les mosqu?es et zaouiyas. Le rite mal?kite ?tait appr?ci?, en ce que les hommes en avaient besoin dans la vie pratique.
Aussi, d'?minents ?rudits et d'hommes du savoir et de la connaissance ont-ils ?merg? avec des ouvrages qui font r?f?rence. Ils n'avaient gu?re de g?ne ? recourir aux opinions et points de vue d'autres Oul?mas professant hors du rite mal?kite, mais quand ils ?mettaient une fatwa, ils ne perdaient jamais de vue les sp?cificit?s du Maroc encore moins les composantes identitaires de ses habitants, s'inspirant plut?t des positions du rite qu'ils ont adopt? de mani?re unanime, prenant en consid?ration leurs us et coutumes tout autant que les traditions de leurs a?euls, n'?tant aucunement indispos?s par ceux qui ?mettent des opinions diff?rentes.
Ils se limitent aux ?rudits de leur pays et aux fatwas de leurs pr?d?cesseurs, aspirant ? rassembler les gens autour d'une m?me opinion garantissant l'unit? de leurs rangs.
En se rem?morant l'ensemble de ces donn?es, l'Instance charg?e de l'ift?a au Conseil sup?rieur des Oul?ma, est consciente des dangers que rec?le ce flux m?diatique, qui a ouvert les vannes ? la fatwa, en sorte que le premier venu s'y adonne. C'est d'autant plus inqui?tant qu'elle est ? pr?sent entre les mains de pr?tentieux, dont certains ont fait mauvais usage du savoir contre l'int?r?t des gens.
Caressant le leadership en mati?re d'?rudition, ils ont en fait un tremplin, se donnant le droit d'?mettre une fatwa pour la population du Maroc et se proclamant leur imam, feignant d'ignorer que le Maroc regorge d'institutions en la mati?re et d'?rudits av?r?s, faisant fi ainsi des us et coutumes auxquels se r?f?rent les Oul?mas dans le pass? lointain et imm?diat.
De tout temps, faut-il le rappeler, le Maroc a toujours ?t? une terre d'Oul?mas de renomm?e, ouverts sur le fiqh des rites, attach?s dans leurs fatwas aux coutumes de leurs pays, aux conditions et ? la situation de ses habitants en mati?re de l'Ijtihad, de l'interpr?tation et de l'ift?a, s'inspirant en cela de l'?rudit de M?dine qui consid?rait que les populations de chaque pays devraient se r?f?rer ? leurs propres oul?mas.
Pour pers?v?rer sur cette voie juste et en atteindre les objectifs, Sa Majest? le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, que Dieu L'Assiste, a cr?e les Conseils locaux des Oul?mas et le Conseil sup?rieur des Oul?mas dont Il assure la pr?sidence. Ce Conseil est le seul habilit? dans le Royaume du Maroc ? diligenter la fatwa dans ses normes et ses conditions.
Au Maroc, la fatwa est confi?e ? une institution. Nulle autre partie, individus ou groupes, ne peut y interf?rer.
Quant au Mufti qui a autoris? les Marocains ? contracter des cr?dits au logement, force est de constater que dans sa fatwa il a outrepass? les limites de la biens?ance, et commis de grossi?res erreurs en mati?re de savoir et de l'?thique, et en premier lieu celle qui consiste ? empi?ter sur le droit des oul?mas du Maroc ? ?mettre des fatwas au service de leurs compatriotes, transgressant de la sorte les normes de la fatwa telles que pratiqu?es par les anciens oul?mas. Ces derniers exigeaient du Mufti de n'?mettre des fatwas que s'il appartenait au pays concern? dont il cernait la situation et les circonstances dans leurs moindres d?tails.
Or, ce mufti est loin du Maroc dont il ignore la r?alit?, les us et les coutumes, ses oul?ma sont mieux plac?s pour le conna?tre et ses institutions religieuses sont seules habilit?es ? ?mettre des fatwas sur les questions int?ressant les Marocains. Ce mutfi a ?galement port? pr?judice au Maroc et aux Marocains en faisant un parall?le entre le Royaume et les pays d'immigration.
Tout en fustigeant cet ?trange comportement, l'Instance charg?e de l'Iftaa d?nonce cette position qui ne peut ?maner que d'une personne n'ayant pas pr?sente ? l'esprit toute l'attention requise, ou encore de toute personne qui, sous le couvert de d?fendre les autres, agit en r?alit? ? son propre profit".
source:aujourdhui.ma