L'?clatement du secteur indispose Ghellab
La situation vire carr?ment aux querelles de chapelle dans le secteur du transport. Alors que les grandes associations de transporteurs et syndicats acceptent le dialogue, une quarantaine de petites structures, surtout de transport des personnes s'accrochent au mot d'ordre de gr?ve. Elles ont annonc? un d?brayage de 48 heures, ? partir de mardi prochain, risquant de bloquer la circulation m?me pour les v?hicules de particuliers. A noter que la majorit? de ces organisations syndicales et associations repr?sentent les taxis.
La tentative tardive du minist?re de tutelle de regrouper les professionnels autour de la table de d?bat sur le Code de la route a, finalement, donn? l'effet contraire. Avant m?me que Karim Ghellab, ministre des Transports, ne pr?sente son ordre du jour, le secr?taire g?n?ral de la Conf?d?ration g?n?rale des taxis, El Gadi Bou?azza, avait clam? : ?Nous sommes contre le projet du Code de la circulation.
Nous le rejetons en bloc. Il fallait nous impliquer dans son ?laboration?. Autre son de cloches au sein de l'Association des centres de visites techniques, dont le repr?sentant Sa?d Ressouani, avait soulign? que ?Le dialogue est primordial dans ce genre de crise?. Cette partie de tirage ? la corde est symptomatique d'un secteur qui peine ? s'organiser en vrai lobby coh?rent et m?thodique.
Toutefois, la menace de gr?ve ne semble pas inqui?ter, outre mesure, le ministre, fort de l'adh?sion des professionnels ? son invitation au dialogue. Ainsi en atteste le communiqu? de son d?partement, datant de vendredi dernier, qui relate l'engagement des plus importantes associations dans le processus de consultation.
Cette d?marche vise principalement la pr?sentation de propositions d'amendements de certains articles du projet de Code de la route en vue de les soumettre ? la discussion au Parlement. Le m?me communiqu? pr?sente l'ordre du jour des rencontres sectorielles programm?es avec chaque cat?gorie de transporteurs, du 4 au 10 avril. Ce processus a ?t? adopt? ? l'issue de la rencontre, tenue mardi dernier, entre le ministre et les diff?rents corps de transporteurs, malgr? son d?roulement chaotique.
Au cours de ces pourparlers, certains responsables de petites associations ont pr?f?r? prendre le ministre en apart? pour lui exposer des probl?mes marginaux. Confinant au ridicule, la discussion qui se voulait sereine et constructive a pris une autre tournure, acculant les plus s?rieux ? quitter la salle. Autre illustration de l'?clatement d'un secteur ayant du mal ? se constituer en interlocuteur valable des pouvoirs publics.
Pour montrer patte blanche, la F?d?ration nationale du transport routier a adress?, jeudi dernier, une lettre au commandement de la gendarmerie ? Rabat, dans la quelle elle affirme que ses membres ne sont pas concern?s par la gr?ve du 3 avril.
Le m?me document s'en r?f?re aux autorit?s pour assurer la protection des v?hicules et de leur chargement et garantir la libert? de travail de leurs employ?s en cas de gr?ve. Cette importante f?d?ration pr?f?re plut?t faire parvenir au minist?re de tutelle ses propositions visant l'am?lioration des dispositions relatives ? la s?curit? routi?re, mais ?galement ? l'aspect ?conomique de gestion des entreprises de transport de personnes et de marchandises.
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Connexions politiques
Certains professionnels ont trait? leurs coll?gues pr?nant le dialogue de d?fendre le ministre et son parti, l'Istiqlal. Dans pareille crise, l'aspect politique, surtout en p?riode ?lectorale, prend de l'ampleur. Par ailleurs, le caract?re trop ambitieux du projet de Code de la route bute contre une r?alit? peu reluisante. Le d?sordre persistant du secteur du transport sied ainsi mal ? une loi qui vise sa r?organisation de fonds en comble.
Les amendes exorbitantes qui y sont incluses ne feront, selon certains, qu'exacerber le ph?nom?ne de corruption pour contourner l'application pure et dure de la loi. Il est temps, estiment les observateurs, que la r?forme du transport emprunte la bonne voie, afin de contrecarrer ses r?percussions n?fastes sur la circulation. Rappelons que les professionnels du transport sont la cause d'un tiers des accidents de la route qui emportent chaque ann?e 3.700 ?mes.
Mostafa Bentak |source:LE MATIN