Rakia Abouali a ?t? arr?t?e par la police de Kh?nifra et sera d?f?r?e devant la Cour d'appel de Mekn?s. La justice devra ?lucider l'affaire qui d?fraie la chronique depuis plusieurs semaines. Le dossier du magistrat a ?t? soumis au Conseil sup?rieur de la magistrature.
Rakia Abouali, en ?tat d'arrestation depuis mardi dernier, devait ?tre d?f?r?e, ce vendredi, devant le parquet de la Cour d'appel de Mekn?s pour r?pondre, de multiples chefs d'accusation. Il s'agit, entre autres, de sa part de responsabilit? pr?sum?e dans un meurtre aux environs de Kh?nifra, des plaintes du voisinage ? Tighssaline contre ses agissements et de ses d?clarations mettant en cause des magistrats et des ?l?ments de la Gendarmerie royale dans la r?gion.
Depuis quelques semaines, cette native d'Oujda ?g?e aujourd'hui de 35 ans, a d?fray? la chronique en ?talant dans la presse nationale ce qu'elle pr?sente comme ?tant des scandales impliquant des magistrats et des ?l?ments de la Gendarmerie royale dans des affaires de m?urs et de corruption. Elle aurait, pour appuyer ses dires, pris le soin de proc?der ? des enregistrements compromettants pour ceux qu'elle pr?sente comme ses ?ternels rivaux. Et notamment concernant sa relation de plusieurs ann?es avec un magistrat de la Cour d'appel de Mekn?s qu'elle accuse de s?questration, mais aussi d'exploitation sexuelle, pendant au moins trois ans.
Les t?moignages r?unis aussi bien ? Tighssaline qu'? Kh?nifra tendent ? temp?rer les all?gations de Rakia Abouali. ?Les scandales ?voqu?s par Rakia Abouali ? Tighssaline sont connus de tout le monde et tout le monde conna?t la famille de cette derni?re?, affirme un responsable de l'AMDH ? Kh?nifra. Ce dernier explique que son association a refus? de cautionner le camp des Abouali pour des raisons connues de tout le monde. L'ONG s'appr?te ? ?mettre un communiqu? pour d?voiler sa position officielle quant ? cette affaire.
Les Abouali, trois fr?res et autant de s?urs, sont loin d'?tre des anges, de l'avis de plusieurs sources de cette petite localit? situ?e ? un trajet de bus de Kh?nifra. Depuis le d?but des ann?es 1990, ils encha?nent les condamnations en justice pour divers motifs : prostitution, prox?n?tisme, trafic de drogue ou encore tentative d'escroquerie. Les casiers judiciaires des concern?s en attestent. Plus encore, les Abouali seraient parvenus, au fil des ann?es, ? imposer leurs diktats au voisinage et auraient multipli? ce qu'une source qualifie de v?ritables ?exp?ditions punitives? contre leurs d?tracteurs. Les autorit?s, elles, auraient laiss? faire. Rakia et les siens ont fini par am?liorer leurs m?thodes de travail. Ils seraient pass?s ? de juteuses op?rations de chantage visant leurs clients, de pr?f?rence des gens ais?s d?sireux de s'?pargner tout casse-t?te et quitte ? y mettre le prix. L'?poux de Rakia, un employ? de la CTM, finit par jeter l'?ponge et c'est elle qui a la garde des deux gar?ons issus d'un mariage qui a dur? dix ans.
Rakia Abouali, au cursus scolaire des plus rudimentaires, d?cidera enfin, en ces d?buts des ann?es 2000 de jouer dans la cour des grands. Elle se lie ? un magistrat de la Cour d'appel de Mekn?s dont elle fait la connaissance lors de ses multiples comparutions devant la justice. Pour plus de commodit?, ce dernier lui loue un appartement o? elle s'installe avec ses deux gar?ons au vu et au su de tout le monde. Aujourd'hui, elle l'accuse de s?questration et organise une fuite des enregistrements effectu?s par elle. Devant la commission du minist?re de la Justice qui l'auditionne, le magistrat affirme que la seule gaffe de sa vie professionnelle est d'avoir succomb? aux charmes de Rakia Abouali. Mais nie le reste et fait valoir un parcours sans faute qui lui a valu le statut de magistrat de grade exceptionnel. Selon sa version, il ne serait jamais intervenu, pour influer la justice, que ce soit pour sa dulcin?e ou ses fr?res. Il raconte que cette derni?re s'en ?tait prise ? lui car il voulait mettre un terme ? leur relation. Rakia Abouali, selon les d?clarations du juge, serait devenue trop exigeante en demandant notamment une pension mensuelle de 5.000 DH au magistrat. Selon les d?clarations de ce dernier, il n'aurait jamais ?t? question de mariage. Au cabinet du ministre de la Justice, on apporte un autre d?menti aux propos de Rakia Abouali. ?contrairement ? ses d?clarations, cette femme n'a jamais rencontr? le ministre de la Justice et ne s'est jamais pr?sent?e au minist?re?, affirme un collaborateur de Mohamed Bouzouba?. Pas l'ombre d'une seule plainte concernant les all?gations de cette femme ? l'encontre des magistrats et des ?l?ments de la Gendarmerie, ajoute la m?me source qui attire l'attention sur la gravit?, pour l'image de la justice, de telles sorties m?diatiques et de ?tout cet ?talage?.
Le magistrat accus? par Rakia Abouali a ?t? mut? dans un premier temps ? K?nitra avant d'?tre suspendu sur d?cision du Conseil sup?rieur de la magistrature. Ce dernier, qui statue sur l'un des volets de cette affaire, pourra d?cider encore la radiation ou la mise ? la retraite du magistrat. Ironie de l'histoire, le juge, p?re de six enfants, est ? six mois de prendre une retraite bien m?rit?e.
Rakia Abouali, qui s'est soudainement mise ? se plaindre des ?tracasseries? de la Gendarmerie royale, r?pondra, elle, de ce qui lui est reproch?. Y compris pour des affaires remontant ? plusieurs ann?es et qui ont fini par refaire surface... La c?l?brit? a un prix. Tighssaline, petite localit? ?havre des plaisirs monnayables?, a ?t? de nouveau violemment mise sous les projecteurs de l'actualit?.
source:aujourdhui.ma