Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a ?t? ?lu pr?sident de la r?publique islamique de Mauritanie. Il remporte ?lection face ? Ahmed Ould Daddah, figure de proue de l?opposition la plus en vue du pays.
Favori du scrutin, il ?tait soutenu par les anciens partisans de l?ex-pr?sident Maaouya Ould Taya, mais aussi et surtout par les candidats arriv?s en troisi?me et quatri?me positions lors du premier tour de la pr?sidentielle. Parcours d?un heureux ?lu.
Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, 68 ans, est originaire de la r?gion du Brakna (centre-sud). Apr?s des ?tudes primaires ? Elag (capitale de sa r?gion natale), il poursuit ses ?tudes secondaires dans le tr?s select lyc?e de Rosso (dans la r?gion voisine du Trarza), avant de rejoindre le non moins c?l?bre lyc?e William Ponty de Dakar, o? il d?croche son baccalaur?at scientifique.
S?ensuivent, toujours ? Dakar, des ?tudes sup?rieures de chimie, physique et math?matiques. Apr?s sa ma?trise, il rejoint l?universit? fran?aise de Grenoble o? il obtient un dipl?me d??tudes approfondies en ?conomie.
Rentr? au pays encore fra?chement ind?pendant, SIDIOCA, comme l?appellent ses supporteurs, est engag? en tant que technicien au minist?re du Plan. Il ne tardera pas ? s?y faire remarquer par ses comp?tences, et le premier pr?sident mauritanien Moktar Ould Daddah lui confie, en 1971, le minist?re d?Etat de l?Economie, un super d?partement englobant les Finances, la p?che, les mines, l?agriculture... entre autres. Il restera aux c?t?s du ?P?re de la nation? au sein du gouvernement jusqu?au premier coup d?Etat militaire de 1978 qui renversa les civils.
Apr?s sa lib?ration par les putschistes, il sera sollicit? par le Kowe?t, o? il travaillera, de 1982 ? 1985, comme conseiller ?conomique du Fonds kowe?tien pour le d?veloppement ?conomique arabe.
Entre-temps le pouvoir a encore chang? de mains en Mauritanie, et le nouveau ma?tre du pays, Ma?ouiya Ould Taya, arriv? au pouvoir le 12 d?cembre 1984, le rappelle dans son gouvernement, enti?rement compos? de civils, et lui confie successivement les d?partements de l?hydraulique et de l??nergie, puis de la p?che et de l??conomie maritime (de 1986 ? 1987). Emprisonn? en 1987 suite une louche affaire d?achat d?un parc d?attractions madril?ne par un richissime homme d?affaires mauritanien, il est rapidement lib?r?, et ses anciens employeurs kowe?tiens le rappellent ? nouveau. Cette fois pour lui confier une mission de conseil aupr?s du gouvernement nig?rien (septembre 1989 - juin 2003).
Revenu dans son pays pour y couler une retraite paisible, il saute sur l?occasion ?offerte? par les militaires de remettre le pouvoir aux civils pour ?tre le premier ? d?clarer sa candidature ? la magistrature supr?me (juillet 2006).
N?appartenant ? aucun parti politique, il attendra la fin des joutes du long processus ?lectoral (l?gislatives, municipales, s?natoriales...) pour d?voiler son vrai visage : il sera le porte-flambeau des ?orphelins? de Ma?ouiya Ould Taya dont l?ex parti dominant a fait montre d?une capacit? de r?sistance inou?e : pour mieux survivre, ce parti s?est auto-disloqu? en une multitude de ?particules? pour se r?-unir au moment opportun et porter au pouvoir celui que les Mauritaniens ont appel? le ?cheval blanc? des militaires. Mais le leader haratine de l?opposition - qui lui aussi traita publiquement Sidi Mohamed Ould Che?kh Abdallahi d??homme de paille?, finira par le soutenir durant le deuxi?me tour. Pr?monition politicienne ? Certainement, car les chiffres montrent, ? supposer qu?il y ait un minimum de discipline dans le report de voix, que le candidat Ahmed Ould Daddah, sans la dissidence des haratines, aurait pu l?emporter. Mais cela reste du domaine des extrapolations. Ce qui est s?r, par contre, c?est que la Mauritanie ? un nouveau pr?sident de la r?publique, ?lu dans les r?gles de l?art par la majorit? - aussi courte soit-elle - des Mauritaniens, qui remercieront d?abord et avant tout le colonel Ely ould Mohamed Vall de les avoir d?gag? les horizons apr?s quelque 29 ann?es d?incertitudes pass?es sous la botte des miltaires.
Mohamed Ould Boah
source:albayane.ma