L'ancien vice-pr?sident irakien Taha Yassine Ramadan, un proche de l'ancien chef d'Etat Saddam Hussein, a ?t? pendu mardi avant l'aube, le jour m?me du 4e anniversaire de l'invasion am?ricaine du pays, toujours en proie ? de graves violences.
?M. Ramadan a ?t? pendu ? 03h05 (00H05 GMT). L'ex?cution s'est d?roul?e sans incident et sans violation? de la loi, a affirm? un responsable gouvernemental irakien qui a requis l'anonymat.
L'avocat Badie Aref, qui a particip? ? la d?fense de Saddam Hussein, avait confi? lundi soir que Ramadan avait ?eu le droit d'appeler sa famille. L'avocat (de Ramadan) m'a dit qu'il ?tait calme et serein. Il a demand? ? sa famille et ses amis de prier pour lui et affirm? qu'il n'avait pas peur de la mort?.
Apr?s l'ancien pr?sident Saddam Hussein, pendu le 30 d?cembre ainsi que le demi-fr?re de Saddam Hussein, Barzan al-Tikriti, et l'ancien pr?sident du tribunal r?volutionnaire Awad al-Bandar, ex?cut?s le 15 janvier, Taha Yassine Ramadan est le quatri?me haut dirigeant de l'ancien r?gime a ?tre ex?cut?.
Cette fois-ci, l'ex?cution n'a pas donn? lieu ? des d?bordements ou cafouillages comme lors des pendaisons de Saddam Hussein, insult? juste avant sa mise ? mort, enregistr?e dans des vid?os clandestines diffus?es sur internet, ou d'al-Tikriti, dont la t?te s'?tait d?tach?e.
La date de l'ex?cution est en revanche une nouvelle fois symbolique. Apr?s avoir ex?cut? Saddam Hussein au 1er jour de la f?te religieuse de l'A?d, l'Etat irakien a cette fois choisi de mettre ? mort Ramadan le jour anniversaire du d?but de l'invasion am?ricaine.
"En imposant une peine de mort le Haut tribunal p?nal irakien s'est simplement inclin? devant la demande de la chambre d'appel qui semble plus motiv?e par la vengeance que par un souci de justice ou de proc?s ?quitable", avait soulign? Irene Khan, la secr?taire g?n?rale d'Amnesty International, en f?vrier.
N? en 1938, M. Ramadan, un Kurde sunnite, avait fond? en 1970 l'Arm?e populaire, la milice du parti Baas. Il ?tait ?galement membre du Conseil du Commandement de la r?volution (CCR), la plus haute instance dirigeante de l'Irak. Il ?tait accus? par des Irakiens en exil de crimes contre l'humanit?, notamment dans son implication dans le meurtre de centaines de Kurdes en 1988.
Si les responsables du Baas sont morts ou sous les verrous, les Etat-Unis sont toutefois loin d'avoir r?gl? la crise irakienne en quatre ans de pr?sence dans le pays. Le conflit a fait pr?s de 60.000 morts civils irakiens selon les estimations les plus faibles, et les Am?ricains et leurs alli?s ont perdu environ 3.500 soldats, dont 3.220 Am?ricains. Aux Etats-Unis, le co?t humain mais aussi financier se fait de plus en plus sentir.
Le pr?sident am?ricain George W. Bush a demand? lundi encore de la patience ? ses concitoyens pour sortir de la crise. Loin de "plier bagage et de rentrer ? la maison", la Maison Blanche a adopt? une strat?gie qui comprend une augmentation du nombre de troupes. Pas moins de 160.000 soldats seront d?ploy?s d'ici juin.
Et, loin aussi des d?clarations triomphalistes du d?but de la guerre ou la fin de l'invasion, le pr?sident Bush a reconnu "des mois, non des jours ou des semaines" pour que la nouvelle strat?gie porte ses fruits. Une des cl?s du probl?me sera le plan de s?curisation de Bagdad o? 90.000 soldats irakiens et am?ricains sont en train d'?tre d?ploy?s.
Si le Premier ministre Nouri al-Maliki a affirm? lundi dans une entrevue t?l?vis?e qu'il "dirait que les violences confessionnelles sont termin?es", les violences se sont poursuivies lundi avec pas moins de 25 morts ? travers le pays, dont un quadruple attentat ? Kirkouk et la d?couverte de plus de trente cadavres de personnes ex?cut?es. (AFP)
source:albayane.ma