Tony Blair devait jeudi annoncer son d?part de Downing Street d?ici un an, pour tenter de mettre fin ? la crise politique qui s?est brutalement envenim?e avec son dauphin et ministre Gordon Brown.
Son porte-parole a pr?cis? ? la mi-journ?e qu?il s?expliquerait entre 13h00 et 14h00 GMT, ? l?occasion d?une visite d??cole avec le ministre de l?Education Alan Johnson. Et il a confirm? que M. Blair devrait "refl?ter" l?annonce mardi par le ministre de l?Environnement David Miliband que le Premier ministre, de plus en plus affaibli par la guerre interne au parti travailliste, serait parti dans un an. Mais le porte-parole a aussit?t douch? les espoirs de ceux qui esp?raient une date pr?cise, affirmant qu?ils n?en sauraient pas plus jeudi soir que la veille. Plus t?t dans la journ?e, le ministre charg? des relations avec le parlement, Jack Straw, avait jug? "raisonnable" l?hypoth?se d?un d?part deux ans apr?s les l?gislatives de mai 2005, soit d?but mai prochain, quand M. Blair passera le cap des dix ans au pouvoir. Et les sp?culations allaient bon train jeudi, Sky News affirmant que Blair, d?missionnerait le 4 mai prochain de la t?te du parti travailliste, et quitterait Downing Street le 15 juin. Le porte-parole de Tony Blair s?est content? de dire que "certaines des sp?culations de ces derni?res heures sont simplement compl?tement fausses". Au Royaume-Uni, le chef du parti majoritaire est automatiquement Premier ministre, et le successeur de Blair ? la t?te des travaillistes sera donc Premier ministre jusqu?aux prochaines ?lections pr?vues en mai 2010 au plus tard. Jusqu?? pr?sent, Tony Blair, dont c?est le dernier mandat, s??tait toujours refus? ? ?tre pr?cis sur son d?part, se contentant de r?p?ter qu?il laisserait "amplement le temps" ? son successeur pour "une transition ordonn?e" ? Downing Street avant les ?lections. Mais la temp?te de ces derniers jours, avec la d?mission de sept collaborateurs subalternes du gouvernement et d?un sous-secr?taire d?Etat, agr?ment?e de deux longues rencontres orageuses mercredi avec Gordon Brown, son ministre des Finances qui attend depuis des ann?es de lui succ?der, a eu finalement raison de sa r?sistance. La r?bellion de plus en plus ouverte dans son parti, au plus bas dans les sondages face ? la r?surgence des conservateurs, et l?envoi d?une lettre de 17 d?put?s demandant son d?part, ne lui a plus laiss? de choix. Par presse interpos?e, dans un climat o? la confiance n?existe plus, les Brownites, ?chaud?s par des ann?es de vaine attente, ont obtenu d?entendre haut et fort, de la bouche de Blair lui m?me, qu?il entend passer le relai dans l?ann?e qui vient. Mais d?j?, le doute s?insinue sur la capacit? de M. Blair, us? par neuf ans et demi ? Downing Street, ? endiguer la crise qui menace la fin de son r?gne, ? l?image de Margaret Thatcher.
Les Brownites, accus?s par l?entourage de Tony Blair de vouloir provoquer un "coup d?Etat", ont d?j? fait savoir que son d?part anticip? pour mai ?tait trop tardif. Il verrait en effet Gordon Brown, jusqu?? pr?sent assur? de lui succ?der, arriver ? Downing Street pendant l??t?, durant les vacances parlementaires, priv? ainsi de caisse de r?sonnance pour ses premiers cent jours. Il y aurait aussi le risque que ce d?lai soit mis ? profit par un autre candidat contestant cette succession ? M. Brown. Le Guardian affirmait ainsi jeudi que Gordon Brown, silencieux depuis le d?but de l??t?, aurait demand? ? Blair de quitter la t?te du parti d?ici No?l, pour permettre cette fameuse transition ordonn?e ? laquelle plus personne ne croit.
source:l'opinion