Le secr?tariat g?n?ral charg? de l'Alphab?tisation et de l'Education non formelle continue ? ?uvrer avec enthousiasme. Pour son action dans ce domaine, le minist?re de l'Education nationale s'?tait vu d?cerner en juillet dernier, le prix Confucius de l'Unesco. Le Maroc devait recevoir son prix aujourd'hui, ? l'occasion de la comm?moration de la Journ?e internationale de l'alphab?tisation, date report?e au 23 du mois courant et qui aura lieu en Chine.
Notre pays avait ?t? d?sign? par le Directeur g?n?ral de l'UNESCO, Ko?chiro Matsuura, sur recommandation d'un jury international pour cette ?initiative d'alphab?tisation novatrice sp?cifiquement destin?e aux adolescents marginalis?s des zones rurales?, selon la d?claration de l'organisation.
A l'occasion de cette journ?e mondiale, le Secr?tariat d'Etat charg? de l'Alphab?tisation et de l'Education non formelle organise, aujourd'hui, ? Rabat, une rencontre sur le th?me ?L'alphab?tisation : catalyseur de d?veloppement?. Au programme : lecture du discours du directeur g?n?ral de l'Unesco, allocution de M. Anis Birou et un expos? sous le th?me ?L'?ducation non formelle, solutions innovantes ? des probl?matiques complexes?.
Notons que la rentr?e scolaire 2006-2007 d?butera le 13 octobre.
? L'objectif de cette ann?e est d'atteindre 1.000 000 de b?n?ficiaires et de maintenir la croissance des membres collaborateurs?, pr?cise Hssa?n Oujour, directeur de l'?ducation non formelle, et d'ajouter ?Les pr?paratifs sont d?j? lanc?es et les partenariats ont d?j? ?t? sign?s?.
Il importe de souligner que l'ann?e scolaire pr?c?dente a connu d'importantes r?alisations. Selon Hssa?n Oujour, 655.478 de nos concitoyens et concitoyennes ont pu b?n?ficier des diff?rents programmes d'?ducation des adultes, enregistrant une ?volution de 40 % par rapport aux r?sultats de l'an dernier. Par ailleurs, 34.294 enfants ?g?s de 9 ? 15 ans ont suivi, les programmes d'?ducation non formelle.
Cette ann?e a ?t? marqu?e ?galement par le lancement du programme de soutien ?ducatif. Ce programme qui lutte contre le ph?nom?ne de d?scolarisation, a pu dans sa premi?re ann?e enregistrer de bonnes performances. 133.515 ?l?ves ont ?t? inscrits. Et pour la premi?re fois, des manuels scolaires ont ?t? offerts gratuitement aux b?n?ficiaires.
Des r?sultats positifs, visibles au niveau international et qui confirment le ?traitement de choc? des fl?aux de l'analphab?tisme et de la d?scolarisation ?tal? sur plusieurs ann?es men? par notre pays. Un bilan plut?t positif mais le chantier est encore tr?s vaste, surtout si l'on sait, comme ne cesse de le pr?ciser le secr?taire d'Etat, M. Anis Birou, que ?le taux d'abandon va de 6 ? 8% ce qui donne ? peu pr?s 250 mille enfants qui quittent l'?cole chaque ann?e qui sont des candidats ? l'analphab?tisme?.
________________________________________
Analphab?tisme, une notion qui ?volue
A en croire la d?finition du dictionnaire universel francophone, un analphab?te serait une personne ? qui ne sait ni lire ni ?crire?. Et de pr?ciser : ? L'analphab?te fonctionnel est une personne qui ne poss?de pas les rudiments de lecture, d'?criture et de calcul n?cessaires ? son insertion sociale.? Plus pr?cise encore, celle de L'Unesco avance: ?Est fonctionnellement analphab?te une personne incapable d'exercer toutes les activit?s pour lesquelles l'alphab?tisation est n?cessaire dans l'int?r?t du bon fonctionnement de son groupe et de sa communaut?, et aussi pour lui permettre de continuer ? lire, ? ?crire et ? calculer en vue de son propre d?veloppement et de celui de la communaut?.? D'une simple incapacit? de d?chiffrer les lettres de l'alphabet, la notion d'analphab?tisme a ?volu? vers l'impossibilit? de participer aux activit?s sociales.
L? encore, cette probl?matique n'est pas vraiment ?lucid?e.
L'?valuation du degr? de connaissance minimum pour une meilleure int?gration sociale est difficilement op?rable. Ce qui est jug? suffisant pour les uns ne l'est pas pour les autres. En plus, les comp?tences qui servent au ?bon fonctionnement du groupe? ne sont pas fig?es dans le temps. Elles ?voluent ? grande vitesse suivant les avanc?es technologiques de l'?poque.
En fait, si la d?finition classique de l'analphab?te d?signe ce dernier comme une personne qui ne sait ni lire ni ?crire, force est de constater que la notion d'?criture a chang?. ?Il s'agit d'autres langues et d'autres codes. Celui qui ne parle pas l'anglais dans un congr?s peut ?tre qualifi? d'analphab?te. Dans un autre contexte, l'est ?galement celui qui ne manipule pas l'outil informatique. Le langage des clics fait partie des nouveaux codes?, affirme Mohamed El Ayadi, sociologue et historien.
Il y a d?j? longtemps, feu Sa Majest? Hassan II disait : ?Est analphab?te une personne qui ne parle qu'une seule langue?. Les exemples ne manquent pas pour illustrer cette r?alit?.
Une personne se trouvant dans un pays ?tranger ou m?me dans l'a?roport risque de se perdre si elle ne ma?trise pas d'autres langues? Dans un contexte qui est appel? ? changer, les codes le sont ?galement pour accompagner cette ?volution.
Kenza Alaoui
source:lematin.ma