Envoy?e dans le sud afghan pour y r?tablir la paix civile, l?arm?e britannique y fait de plus en plus la guerre et son dispositif montre ses limites, comme l?a reconnu lundi son commandant en chef.
"Nous sommes en surchauffe. Pouvons-nous faire face ? Je r?ponds : ? peine", a admis le g?n?ral Richard Dannat, dans un entretien au Guardian publi? au surlendemain de la mort de 14 militaires dans le crash de leur avion. Le drame, apparemment accidentel, a relanc? en Grande-Bretagne les critiques sur l?utilisation trop intensive des mat?riels et des hommes dans la campagne d?Afghanistan, ainsi que les appels ? augmenter l?enveloppe d?un milliard de livres (1,45 Mds EUR) sur trois ans consacr?e ? la mission. La presse a rappel? par ailleurs que le Nimrod MR2 qui s?est ?cras? pr?s de Kandahar est un appareil de conception ancienne, dont le remplacement est retard? depuis des ann?es.
1 soldat britannique tu? ? Kaboul
Lundi encore, un attentat ? Kaboul a fait un mort et un bless? en ?tat critique, portant ? 37 le nombre de soldats britanniques tu?s depuis l?invasion du pays en octobre 2001.
C?est moins que les 115 soldats de Sa Majest? tu?s en Irak depuis d?but 2003.Mais depuis juin dernier, 14 Britanniques sont morts au combat en Afghanistan, contre 2 en Irak. "Le contingent britannique porte la plus grande part du poids de l?effort de l?Otan pour stabiliser le sud, et il est ? l??vidence surcharg?", Ayesha Khan, experte au sein de l?institut londonien de relations internationales Chatham House. La gu?rilla des talibans alli?s aux barons de la drogue, ajoute-t-elle, "porte maintenant tous les signes distinctifs d?une insurrection". La sp?cialiste pointe des faiblesses du renseignement am?ricain, mais aussi "un exc?s de confiance" des Britanniques qui les aurait emp?ch?s de mesurer la mont?e en puissance de la r?bellion. John Reid, alors ministre de la D?fense, avait ainsi esp?r? en avril que ses soldats n?auraient pas un seul coup de feu ? tirer. D?s l??t?, son successeur Des Browne a promis l?envoi de 900 soldats en renfort du contingent de 3.600 hommes d?j? sur place. Le minist?re, interrog? ce week-end par l?AFP, a aussi admis que les officiers britanniques dans le sud afghan n??taient pas oblig?s de s?en tenir ? une attitude d?fensive. Les r?gles d?engagement "sont r?vis?es en permanence", a expliqu? un porte-parole :
"Elles sont ? la fois vigoureuses et flexibles (...) les commandants sur le terrain prennent les d?cisions qu?ils ont ? prendre". Quelque soient les vicissitudes rencontr?es, l?arm?e britannique et le reste de la coalition ne peuvent envisager un d?part proche de l?Afghanistan. "La communaut? internationale s?est engag?e sur le long terme en Afghanistan, et la construction d?un Etat n?est certainement pas un projet ? court terme", souligne Ayesha Khan.
Commentant lundi le dernier attentat ? Kaboul, le porte-parole du Premier ministre britannique Tony Blair a d?ailleurs soulign? que "ce qui se passe en Afghanistan souligne les raisons pour lesquelles nous devons soutenir le gouvernement d?mocratique (de ce pays) et son arm?e en d?veloppement".
"D?serter" l?Afghanistan aujourd?hui ferait ? nouveau de ce pays une "p?pini?re du terrorisme", juge aussi la chercheuse Joanna Nathan. "Ce n?est pas une hypoth?se, cela s?est produit dans le pass?. Si on l?oublie, on en verra les r?sultats effroyables ? New York, Londres ou Washington", ajoute-t-elle dans les colonnes du Guardian. "Tout le monde doit avoir cela en t?te".
source:l'opinion