Selon Mohamed Sassi, pr?sident du Collectif contre le projet de loi ?lectorale, le combat des petits partis sera progressif et ira crescendo.
ImagePensez-vous qu?un arbitrage royal serait utile pour d?nouer cette crise ?
Lorsque la Constitution est atteinte, il est n?cessaire que l?autorit? charg?e de la prot?ger intervienne. Evidemment, on aurait aim? qu?il y ait un r?gime v?ritablement parlementaire dont les affaires seraient g?r?es conform?ment ? un programme approuv? par le peuple. Or dans le cas actuel des choses, il est inacceptable qu?une ?majorit?? compos?e d?une minorit? de partis prive la majorit? des partis d?un droit constitutionnel ?
Vous ?tes donc favorable ? ce que le roi exerce son arbitrage ?
Oui.
Apr?s votre rencontre avec Fouad Ali El Himma, vous aviez d?clar? que l?Etat n?avait pas la volont? d?exclure les partis politiques. Regrettez-vous aujourd?hui cette rencontre ?
Dans tous les cas, les rencontres entre les repr?sentants de l?Etat et ceux des formations politiques sont n?cessaires. De ce fait, je ne vois aucune raison qui me pousserait ? " regretter " cet acte. Nous ?tions partis pour expliquer nos positions et ?couter des responsables officiels. Ils ne nous ont rien promis, et donc, je ne peux pas dire qu?ils nous avaient donn? des promesses et, de ce fait, ils ne les ont pas tenues. Ils nous ont tout simplement assur? qu?ils n?avaient aucune volont? de nous exclure.
Mais aujourd?hui, on assiste au contraire de ce qu?ils avaient promis ?
C?est ? eux d?expliquer ce que signifie, pour eux, ne ?pas exclure?. Quelle sera la formule ad?quate selon eux, la formule de la ?non exclusion? ? Il faut reconna?tre, d?un autre c?t?, qu?ils ne nous ont jamais dit que ce projet serait ?cart? ou ne serait pas adopt?.
Est-ce que le roi est capable d?intervenir pour mettre fin au diktat de l?USFP ? ce niveau ?
Je ne pense pas qu?un parti comme l?USFP ou autre soit capable de se placer ? l?encontre de la volont? du roi ou de forcer sa volont?. Car cela signifie, pour le parti et ses ?lites, la fin des privil?ges et des ?acquis?. En r?alit?, il y a des int?r?ts communs (? l?Etat et ? l?USFP) qui expliquent un peu cet attachement ? ce texte.
Quel est l?int?r?t de l?Etat ?
Il y a d?abord la donne islamiste. Il ne faut pas que le PDJ paraisse, au lendemain des ?lections de 2007, sous une forme ?qui fasse peur?. Cela signifie que ce parti ne doit pas obtenir un r?sultat sup?rieur ? celui de l?USFP quel que soit le nombre de si?ges obtenus.
Il y a ensuite la situation actuelle. C?est une situation tr?s confortable pour l?Etat marocain. Une situation qui ne lui cr?e aucun probl?me, aucun souci et elle est, en plus, tr?s ?pr?sentable? sur le plan ext?rieur. Et pour cause : ? l?int?rieur de l?actuelle ?coalition? gouvernementale, il y a l?USFP, un parti qui a pendant longtemps incarn? la modernit? et l?ouverture et est, qui plus est, membre de l?Internationale socialiste. Que veut l?Etat de plus ? Il n?a donc pas int?r?t ? ce que cela change. Et si, demain, ce m?me Etat int?gre les islamistes ?mod?r?s?, ?a sera l?id?al. Imaginez si l?Etat marocain, au lendemain des ?lections, arrive ? ?placer?, ?galement, socialistes et islamistes dans une m?me ?coalition? gouvernementale. Pour lui, ?a sera vraiment l?id?al. C?est pour cela qu?en fin de compte, ce projet de loi arrange aussi l?Etat ?
Pourquoi l?Istiqlal se range-t-il finalement aux c?t?s de l?USFP ?
Ce parti est li? par ce qu?on appelle la solidarit? ? l??gard de la majorit?. S?il vote pour ce texte, il aura choisi l?engagement pour " la majorit? " au d?triment des principes d?mocratiques. Un vrai d?mocrate donne la priorit? aux grands principes d?mocratiques tels qu?ils sont universellement reconnus, abstraction faite des calculs politiciens. L?actuelle situation montre qu?au Maroc, on n?accepte des principes d?mocratiques que ceux qui nous arrangent, ceux qui servent nos int?r?ts.
Si ce texte de loi est adopt? par le Parlement, allez-vous participer aux prochaines ?lections l?gislatives ?
Non, nous n?allons pas y participer.
source:lejournal-hebdo.com