Que de litt?rature sur la violence, assimil?e au ? Charab ? et au hooliganisme europ?en, depuis que des adolescents manifestent dans les stades et ? l?ext?rieur, pour s?adonner ? la casse.
Rarement des magasins sont mis ? sac, car on se suffit de jeter des pierres et de casser les vitres, en s?en prenant ? certains ?difices, dont le grand portail du complexe Mohammed V qui a ?t? mis ? terre, alors qu?il aurait fallu de grandes grues, pour assurer pareille besogne.
Dans les stades, on proc?de ? arracher les fauteuils en plastique et ? les jeter sur les supporters du camp adverse et, quelquefois, sur le service d?ordre, la police ou les forces auxiliaires.
On peut, a priori, penser avoir affaire ? une col?re gratuite, sans motivation d?aucun ordre, encore que certains slogans s?inspirent de mots d?ordre politiques, r?percut?s par la cha?ne ? Al Jazira ?, ? l?occasion des agressions d?Irak ou du Liban par les USA et Isra?l.
Mais il est peu probable que les jeunes supporters de football s?inspirent de courants politiques int?gristes, bien que quelques joueurs portent la barbe et sont confondus ? Ben laden et autres sbires terroristes.
La violence, un ph?nom?ne
int?griste ?
Mais on le fait, surtout, pour amuser la gal?re, avec les ? missiles ? de Benchrifa, ancien capitaine du WAC, actuellement transf?r? au MAT et qui ?tait fort connu pour ses tirs puissants et ses boulets sur balles arr?t?es.
On criait ? Ben Laden, Ben Laden??, ? chaque fois que Benchrifa ?tait charg? d?ex?cuter un coup franc, mais il ne faut surtout pas y voir une position politico-religieuse, car c?est mal conna?tre les stades de football que de prendre position de mani?re simpliste, comme l?ont fait certains canards proches du PJD.
Jarmouni, gardien de l?ASFAR porte, aussi, la barbe, mais n?inspire pas de slogans int?gristes, encore qu?il ait refus? de donner une interview ? une femme, notre consoeur Ka?ma Belouchi de la TVM.
La violence dans nos stades n?est pas caus?e par des convictions politiques et on a, rarement, dans l?histoire du Maroc permis que des courants politiques s?adjugent du football et s?en servent comme moyen de l?gitimation pour aller ? la conqu?te du pouvoir.
Une fois ?cart?e l?hypoth?se de la justification politique, comment expliquer la col?re dans les stades et qui en sont les auteurs ?
Il est difficile de r?pondre ? cette question, bine que certains dirigeants du GNF croient d?tenir la v?rit? et n?h?sitent jamais ? apporter toutes les v?rit?s, ? toutes les interrogations, de quelque c?t? qu?elles viennent !
On oublie que nous sommes dans un pays, toujours ferm? ? l?enqu?te et au travail de terrain, un pays qui est sans sociologues, ni ethnologues des stades.
Donc, quand les dirigeants du GNF ou encore certains journalistes se mettent ? ? th?oriser ? et ? avancer des v?rit?s, ils ne savent pas une chose, fondamentale ? notre avis : Eux-m?mes, en tant que d?cideurs du football, peuvent ?tre ? l?origine d?une partie de la violence affich?e par une jeunesse en col?re, qui a rarement droit ? un spectacle footballistique, dans des conditions normales.
Le fait de programmer un derby, en principe un match local entre deux ?quipe de la m?me cit?, dans une autre ville, Rabat pose de nombreux probl?mes, li?s au d?placement des supporters, ? leur accueil au complexe de substitution, Moulay Abdellah au lieu du complexe Mohammed V et ? leur ?vacuation, apr?s le match de derby.
On sait que le GNF se suffit de programmer le match, sans penser ? la solution de tous les probl?mes, dont celui du transport.
Les jeunes supporters criaient d?ailleurs ce slogan : ? Le sport est l?, mais o? est le transport ? ?, copi? sur ? Le public est l? mais o? est l??quipe ? ?, quand l??quipe nationale ne tourne pas bien et donne lieu ? la col?re et, l? encore, ? la casse.
On peut affirmer que s?il y a violence dans les stades, c?est surtout ? cause des stades eux-m?mes, qui sont mal situ?s, dans certains cas et tr?s mal g?r?s dans tous les autres.
Aucun de nos stades, grand ou petit ne dispose de stadiers et d?un personnel qualifi?, pour servir les clients des matches de football.
Chez nous, nous n?avons pas encore de public (une frange neutre qui vient pour suivre un match de football), ni de client, qui paie cher son billet, en ?change de services et de droits ? l?int?rieur du stade, ni d?espace pour les femmes ou les enfants, m?lang?s aux adultes, ce qui a co?t? la vie ? des gamins, suite ? des bousculades, au complexe Mohammed V, sans que cela ne scandalise outre mesure les d?fenseurs des associations des droits de l?homme !?
Les prix des billets, une invite
? la violence
Le Maroc continue ? fixer les billets d?acc?s aux stades ? des tarifs qui sont gard?s les m?mes, depuis cinquante ans et plus !
Et la justification avanc?e est d?ordre politique, car on veut continuer ? ? occuper ? le petit peuple par le football, sans se soucier des nouvelles charges, qui imposent une s?lection dans les stades.
Il est d?magogique de vouloir faire le plein des terrains, avec des matches ouverts ? des milliers de personnes, sans y mettre les moyens s?curitaires minimums.
Ailleurs, dans les pays europ?ens, en Angleterre, en Espagne, en Italie ou au Portugal, la gestion des stades passe d?abord et surtout par leur s?curisation.
Ici, chez nous, un match de derby co?te l??quivalent d?un mois de s?curit? de la ville de Casablanca (carburant, v?hicules, mobilisations de tous les corps de m?tiers de la s?curit? etc.) et on recourt ? des pratiques de s?curit? s?curitaire, souvent primaire, relevant beaucoup plus de la dissuasion que de l?action de s?lection, de surveillance et d?encadrement p?dagogique.
En Europe, en plus de nombreuses ceintures de filtrage et de fouilles impos?es ? tous, sans exception, sur des centaines de m?tres, avec de nombreux barrages, on a affaire aux stadiers, ? l?int?rieur du stade, r?partis en h?tesses, guides et en vigiles.
Un stade est g?r?, au moins par 15% de la population des spectateurs, pratiquement deux stadiers pour 3 rang?es de spectateurs, de 100 personnes, en plus de la police qui n?intervient qu?en cas d?atteinte ? l?ordre public et vient au secours du personnel auxiliaire, professionnel, c'est-?-dire form? ? la t?che de g?rer un stade et ses h?tes.
Au Maroc, on n?assure m?me pas la fouille syst?matique et on permet, dans certains cas, la floraison de commerces illicites, la vente de l?alcool et de la drogue au noir, ? l?int?rieur des stades, au grand bonheur des dealers.
Pour le ? Charab ?, mot fabriqu? par certains m?dias, il est vide de sens et ne sera pertinent et donc d?utilit? publique que le jour o? on s?attaquera au ph?nom?ne, en se basant sur des enqu?tes de terrain, dans un cadre o? on sait pas qui est qui et qui fait quoi ?
Le Maroc est occup?, aujourd?hui, par une majorit? de plus de 60% d?une population qui a 16 ans, des ? ados ? marginalis?s, mal compris et qui, comme du temps de James Dean, se soucient peu de ? suicide ? (Ah ! le vieux Durkheim !!), car pour beaucoup d?entre eux, la vie ne vaut la peine d??tre v?cue.
Moldovane limog? pour avoir perdu
une finale de Coupe du Tr?ne?
Le football devient donc pr?texte ? la col?re et si, du c?t? des organisateurs, on ne fait rien pour la contrer, de mani?re professionnelle, on continuera ? projeter les images de la casse, sans rien y comprendre, en s?adonnant ? des v?ux pieux, comme celui de demander au ciel (sic) ? que cela n?arrive pas chez nous ? et que ? nos terrains ?chappent ? la violence ? (sic et resic).
Les stades de demain, qu?on s?appr?te ? ?quiper en gazon dit synth?tique, c'est-?-dire exploitable et corv?able ? long terme (15 ? 20 ans) et 24 heures sur 24, doivent, aussi, ?tre g?r? sur le mod?le professionnel, avec la formation de stadiers et, partant, la cr?ation de l?embauche, pour nos ch?meurs et particuli?rement les dipl?m?s, amateurs de football.
Qu?on arr?te donc de faire dans le tapage et que M.Driss Jettou, qui assure la tutelle du sport, sache que les institutions sportives dans notre pays, g?n?rent, ?galement la violence, ? travers certains dirigeants analphab?tes qui n?h?sitent pas ? recourir ? l?agression physique des entra?neurs et ? tenir des propos incitateurs ? la violence.
Est-il normal qu?un entra?neur soit limog?, pour avoir perdu la Coupe du Tr?ne, apr?s avoir men? son ?quipe en finale ?
Ailleurs, ledit entra?neur aurait ?t? f?t? comme h?ros, mais pas chez nous, malheureusement, o? seul le r?sultat compte, dans un pays o? nous vivons une grande crise des infrastructures, des cadres, des dirigeants et m?me de la F?d?ration et du GNF.
Alors, qui est casseur, qui est ? Moucharib ?, qui est hooligan, qui est qui?
source:albayane.ma