
« A ce stade (stade métastatique) où la maladie se propage pour se localiser dans d’autres organes, les chances de survie sont minimes lorsque les coûts des traitements restent élevés. Le cancer du sein pose un véritable problème de santé publique que tous les systèmes de couverture sociale ont de plus en plus du mal à gérer. « La mise au point de cette thérapeutique va donner un nouvel élan aux stratégies thérapeutiques poursuivies jusqu’ici. », explique le docteur Mounir Bachouchi, centre d’oncologie Al Azhar.
L’intérêt thérapeutique de cette molécule a été démontré par deux essais randomisés : « le E2100 avec du paclitaxel hebdomadaire », et « l’essai AVADO avec du docetaxel », qui ont confirmé l’apport bénéfique du bevacizumab, anticorps anti-VEGF, associé à une chimiothérapie de première ligne dans le cancer du sein métastatique.
Une troisième étude, RIBBON-1 a été réalisée pour prouver l’innocuité de cette thérapeutique. Présentée en juin 2009 à l’ASCO, congrès mondial d’oncologie, cette étude s’est basée sur l’administration du produit à deux groupes de patients répartis aléatoirement ; le premier groupe ayant reçu un traitement comprenant l’association « capecitabine/bevacizumab » alors que le deuxième la combinaison « anthracyclines/taxanes-bevacizumab ».
Les taux de réponse sont significativement augmentés dans les deux cas en faveur de l’adjonction du bevacizumab : 35 % contre 24 % avec la capecitabine et 51 % contre 38 % pour le groupe anthracyclines/taxanes. La survie sans progression passe de 6,2 à 9,8 mois avec la capecitabine et de 8,3 à 10,7 mois dans le groupe anthracyclines/taxanes
A noter que le profil de tolérance était comparable à celui des essais précédents.
« Dans des pathologies aussi lourdes que le cancer du sein, l’amélioration de la qualité de vie des patients est de plus en plus au centre des préoccupations des chercheurs. Le bevacizumab répond parfaitement à cette attente dans ce cadre. », conclut le docteur Mounir Bachouchi.
L’étude Ribbon-1 :
C’est la troisième étude réalisée en première ligne métastatique dans les cancers du sein qui ne surexpriment pas HER2. Cette étude vient après celle de Kathy Miller (étude E2100 : paclitaxel ± bevacizumab), qui montrait un avantage significatif à l’ajout du bevacizumab pour le taux de réponse et la survie sans progression, et l’étude AVADO (docétaxel ± bevacizumab) qui montrait un résultat significatif en termes de survie sans progression. L’étude RIBBON-1 est une étude de confirmation qui évalue l’apport du bevacizumab à différentes chimiothérapies : il y a un groupe recevant des taxanes, un groupe recevant des anthracyclines et un groupe recevant de la capecitabine. Ce dernier bras était important à regarder, puisque le premier essai de phase III évaluant capecitabine avec ou sans bevacizumab était négatif, mais s’adressait à des patientes qui étaient lourdement prétraitées pour leur maladie métastatique. Malgré cela, on avait déjà observé un signal avec une amélioration de la réponse objective sans que cela se traduise sur la survie sans progression.
Menara
